Le Pic Vert moqueur
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Non max

L’Hermitière : l’internet à l’âge de pierre

lundi 10 septembre 2007, par le Pic Vert

Il était tout content, le maire, au conseil municipal du 22 juin : au château, le haut débit fonctionne. Un conseiller a enchéri : deux familles au Chêne vert ont aussi adopté le Wimax, et « ça marche très bien ».

Constater que trois familles sont contentes du Wimax alors que l’option est en service depuis six mois, voilà une drôle de façon de dresser un bilan !

Pas un mot sur les habitats interdits de Wimax parce que situés dans des vallons ou cachés par des arbres (c’est bête, mais le Wimax utilise les ondes, lesquelles se propagent en ligne droite, ce qui est fort peu pratique dans une région vallonnée et forestière comme le Perche) ou parce que, paradoxalement, ils sont situés trop près de l’émetteur. Pas un mot non plus sur les internautes qui ne peuvent s’offrir le Wimax.

Car le Wimax, c’est cher.

Alors que pour moins de 30 euros mensuels, Free propose le haut débit internet (jusqu’à 28 megabits), le téléphone, l’abonnement téléphonique et 200 chaînes de télévision, le fournisseur de Wimax (Altitude Telecom … filiale de Free) choisi par le conseil général facture le haut débit … 39 euros, pour seulement un débit maximal de 1 megabit (pas question donc de regarder la télévision). Si vous voulez le téléphone illimité, il faut ajouter 6 euros, ce qui porte le forfait à 45 euros. Et si vous voulez continuer à téléphoner en cas de coupure électrique ou de maintenance Wimax ou à bénéficier de certains services téléphoniques que n’offre pas la technique voIP, vous serez obligéE de conserver l’abonnement France Télécom. Soit pour total la coquette somme de 60 euros mensuels.

En outre, l’internaute volontaire pour le Wimax doit verser un chèque de caution de 100 euros pour recevoir la liste des installateurs du matériel agréés, puis régler les frais d’installation (environ 200 euros) et de désinstallation en cas de résiliation (pas question de le faire soi-même), s’engager pour deux ans, autoriser le prélèvement automatique obligatoire, payer la hotline 0,34 euros la minute s’il ne sait pas paramétrer le matériel. Enfin, le matériel, loué, n’est garanti que pendant deux ans !

Ah oui, s’il est locataire, notre infortuné internaute devra préalablement obtenir l’autorisation des propriétaires de son habitation pour la pose de l’antenne.

Le conseil municipal a reparlé du Wimax dans sa séance du 7 septembre. Enfin, reparlé, c’est beaucoup dire. Le maire a lu une lettre du directeur régional de France télécom, en réponse à la demande de deux conseillers municipaux désespérés de ne pas être éligibles à l’ADSL. France Télécom rappelle qu’une moitié des habitants de l’Hermitière a l’ADSL et que la fourniture d’internet à haut débit n’entre pas dans le cadre du service universel [1] et que si elle veut l’ADSL, la commune devra co-financer l’installation.

Ce directeur n’ignore pas que Gilles de Courson, maire et président de la commission Finances du conseil général est impliqué dans la convention entre Altitude Telecom et le conseil général.

Au nom des lois du libéralisme et de la libre concurrence que prône Gilles de Courson, on aurait pu s’attendre à ce qu’il propose de répondre « Chiche ! Faites-nous un devis ! ». Mais non, il n’a rien dit, pas plus que ses conseillers.

Plusieurs experts France Télécom sont venus de Tours au mois de mai. Leur constat : l’ADSL aurait peut-être pu parvenir jusqu’au bourg … s’il n’y avait pas eu le Wimax qui -ne demandez pas à un pic vert de vous expliquer comment-, tire sur les lignes France Télécom. Peut-être, mais on ne le saura jamais à cause de la présence du Wimax.

Il est à noter que personne, à l’Hermitière, n’avait demandé le Wimax qui a été imposé par la mairie [2].

Il est aussi à noter que la plupart des petites communes rurales isolées ont l’ADSL, sans doute parce que leur maire a su accompagner les demandes des habitantEs et, dans certains cas, faire le forcing auprès du député. Et ce sans payer de frais d’installation à France Télécom.

A l’Hermitière, il faudra d’abord convaincre le maire …

Notes

[1] France Télécom, qui a été privatisé il y a quelques années sans que nos éluEs ornais y trouvent à redire, n’a une obligation de service public que pour le téléphone, pas pour internet.

[2] Le contrat entre Altitude Télécom et le conseil général fait obligation à cette société de fournir le Wimax aux entreprises qui le demandent, pas aux particuliers.

5 Messages de forum

  • La revue « L’Ordinateur Individuel » n°205 de mai 2008, fait le point sur le Wimax. Il ressort de cette étude que le procédé Wimax peut avoir un avenir dans les zones urbaines, mais pas en campagne, compte tenu des surfaces à couvrir pour un nombre d’utilisateur limitté.

    L’avenir pour St-Germain de la Coudre et l’Hermitière est le renforcement du poste de distribution St-Germain-Igé. Ce renforcement dépend selon M Lenoir du bon vouloir de la Région et non du Département ? (à vérifier)

    Notre canton ne pèse pas lourd pour la Direction Régionale de Caen.

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    • L’Hermitière : l’internet à l’âge de pierre 28 avril 2008 10:58, par Le pic vert

      La fourniture d’ADSL dépend effectivement de la direction régionale de France Telecom mais aussi de la volonté de nos éluEs.
      Comment expliquez-vous que des habitations voisines de la Pierre procureuse, totalement isolées en campagne, disposent de jusqu’à 3 méga d’ADSL ?
      Martine Moulin, maire de St-Cyr-la-Rosière a fait le forcing auprès de J.-C. Lenoir jusqu’à ce que J.-C. Lenoir comprenne qu’il ne pourrait pas s’en tirer comme ça !
      Gilles de Courson, conseiller général, n’a jamais bougé le plus petit doigt pour que l’ADSL soit généralisée dans le canton. Il n’a même, selon toutes les apparences, jamais demandé officiellement l’ADSL à France Telecom...

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      • Qui décide et finance l’ADSL.

        Le Conseil Général, 2° Comission dite "des routes, des transports et des bâtiments assure le financement des connexions ADSL.

        Le Conseil Régional abonde avec parcimonie pour les espaces publics dites « EPN »

        L’Etat ne finance rien.

        Un peu d’Histoire, Il y a environ 10 ans le Conseil Général a fait un appel d’offre pour réaliser les Connexions. France-Télécom a été le moins disant et a donc effectué les travaux de constructions des Répariteurs. A cette époque le président du Conseil Général avait assuré une couverture de 85% du territoire de l’Orne en 2005. Promesse non tenue. Free avait obtenu avec l’aide de notre Conseiller Général, de l’argent pour lancer son Wimax. Ce système s’est avéré une catastrophe pour l’opérateur, pour les finances publiques et pour les pigeons qui se sont fait piéger.

        Les Répartiteurs ont été répartis environs tous les 20 Km, soit un rayon de 10 Km. Au départ il possède en moyenne un débit de 3Mb/sec. L’utilisateur qui se trouve près du Répartiteur recevra donc l’ADSL avec le maximum de 3Mb/sec, mais celui qui habite à 10 Km n’aura que ses yeux pour pleurer, du fait de la perte en ligne, du réseau ancien souvent deffectueux et de la surcharge de ces lignes.

        Je doute fort de l’influence de nos élus, dans la situation actuelle.

        Le problème actuelle est de renforcer le débit à l’arrivée des Répartiteurs. C’est un autre problème. Ce sera pour nos petits-enfants.

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  • Pour tout savoir sur le partenariat public-privé passé entre la Région Auvergne et France Télécom afin de généraliser le haut débit sur tout le territoire.

    Le 10 octobre dernier, le Conseil régional et France Télécom ont signé un partenariat public-privé “Auvergne haut débit” pour la résorption des zones d’ombre non desservies en haut débit. Il s’agit d’une solution originale et innovante qui a permis d’inventer une réponse sur mesure, avec un partage des risques équilibré, sur des territoires qui n’offraient pas de potentiel pour un investisseur privé. Pour autant, la liberté du consommateur est préservée.

    Chacun pourra donc choisir son fournisseur d’accès à Internet, comme c’est le cas aujourd’hui pour le reste de l’Auvergne. Il convient de noter que l’ensemble de cette démarche a été mené en partenariat étroit avec les Conseils généraux de l’Allier, du Cantal, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme. Grâce à cette mobilisation générale, plusieurs milliers d’Auvergnats ne seront plus les oubliés du haut débit.

    Ce dispositif concernera à l’horizon fin 2008 298 communes qui comptent aujourd’hui 14 226 lignes téléphoniques en zones d’ombre. Ainsi, 99,6 % des foyers auvergnats auront accès au haut débit, et l’Auvergne deviendra l’une des régions les plus performantes en couverture haut débit.

    Combien coûte cette opération ?
    Le plan “Auvergne haut débit” représente un effort de 38,5 M€ (hors taxes) sur dix ans, dont 22,4 M€ d’investissement.
    Ce budget permettra de mettre en place 289 très petits sites techniques, dont 60 % pourront être reliés à de la fibre optique. Quelque 860 km de fibre optique vont être déployés. C’est un projet soutenu par l’État dans le cadre du contrat de projets État-Région 2007/ 2013 à hauteur de 4,8 M€ et par l’Union européenne à hauteur de 10 M€. Le coût net de 24,8 M€ pour les cinq collectivités est réparti à parité : moitié pour la Région, moitié pour les Départements.

    Pour ces derniers, la répartition de l’effort financier se fera en fonction du nombre de lignes effectivement concernées sur leur territoire. Enfin, d’autres recettes sont prévues : en effet, les opérateurs qui souhaiteront installer leur DSLAM (équipement installé par les opérateurs, qui assure la liaison entre les lignes téléphoniques des abonnés à Internet et leur propre réseau, leur permettant ainsi de proposer les différentes offres de services Internet haut débit) dans les très petits sites techniques pour proposer leurs offres sur le territoire devront signer des contrats de location de ces infrastructures.

    (La suite ici)

    2 solutions : on déménage en Auvergne ou on vire nos élus...

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  • Dans l’article il y a une erreur grossière : Altitude Telecom n’est pas du tout filiale de Free. L’amalgame est probablement du au fait que Free a racheter la seule licence nationale wimax que détenait Altitude Telecom.

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