Le Pic Vert moqueur
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Discorde

St-Germain de la Coudre : Attention ! Ruelle interdite aux enfants et aux vieilles dames

vendredi 23 octobre 2009, par le Pic Vert

Qui ne s’est pas promené à pieds dans St-Germain de la Coudre est loin d’en imaginer le charme secret : un entrelacs d’étroites ruelles et placettes serpentent entre maisons et jardins. Un grand bond en arrière dans un passé bucolique.
C’est justement l’une de ces ruelles, récemment barrée par des riverains, qui suscite la discorde dans le bourg.
Le Pic Vert moqueur y est allé.

Ce qui a attiré l’attention du Pic Vert moqueur, c’est la réaction du 1er adjoint, René Théotime, au conseil du 23 juin, au moment du vote sur le compte rendu du conseil précédent.
Il lança à la maire :
- « Ça, vous n’aviez pas besoin d’en parler ! »
- « Quoi, ça ? » demanda Danièle Mary.
- « Ce passage, là », dit-il en posant le doigt sur un paragraphe.
- « Ah, vous voulez dire la ruelle ! »
René Théotime fut relayé par MM. Vallée et Duval tout aussi partisans de la censure pour cette affaire qu’ils qualifiaient d’ « affaire privée ».
Vous n’avez vraiment pas de chance, messieurs, de ne pas habiter à l’Hermitière où les conseils sont secrets, où les comptes rendus ne rendent compte de rien.

Que révélait donc le compte rendu du conseil du 9 juin pour susciter l’ire de ces trois censeurs ?

Ruelle reliant la Rue de l’église à la Place Pierre Veau : Par courrier en date du 4 mai, M. Granger informe le maire que, suite à une altercation avec 2 couples le 2 mai, il a, en accord avec ses voisins co propriétaires, décidé de placer des chaînes et panneaux indiquant que cette cour et ce passage ne faisaient pas partie des biens communaux mais étaient privés. En réponse, Mme le Maire lui a fait savoir que sur le cadastre la parcelle dite « cour commune » était référencée en bien indivis sous le nom de la SCI Nadvilla et M. Debont, qu’elle avait demandé au service des hypothèques des compléments d’information et qu’en l’attente de ces éléments elle ne pouvait cautionner une quelconque interdiction de passage sans au préalable s’être assurée de l’existence ou non d’une servitude d’usage public. Des barrières ayant été installées de part et d’autre de l’accès à la parcelle dite « cour commune », plusieurs personnes âgées se sont plaintes de ne plus pouvoir emprunter cette ruelle plus sécurisante que la rue de l’église et goudronnée il y a fort longtemps par la commune.

La condamnation de la ruelle a beaucoup choqué les très vieux -surtout très vieilles- habitantEs qui y galopaient, cartable à la main ou au dos, sur le chemin de l’école et qui, 70 ans, 80 ans plus tard, continuaient de l’emprunter pour se rendre à la pharmacie, chez le coiffeur, chez des amiEs.
- « Je sors moins depuis la fermeture de la ruelle, disent des octogénaires. La rue est dangereuse. Si je tombe, j’ai peur des voitures. »
Rue de l’église, le trottoir passe au ras des maisons.
Aucune de ces personnes n’a jamais pensé que ce passage puisse être privé.
Même pas la commune qui le goudronnait ! (Le dernier goudronnage remonte à loin, mais la décision a été prise par un conseil municipal dans lequel au moins un résidant de cette cour siégeait.)

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Rue de l’église. A droite, l’entrée de la ruelle fermée
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Entrée rue de l’église
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Entrée côté place Pierre Veau

Les propriétaires riverains savaient eux, puisque la copropriété en indivision est indiquée sur l’acte de vente mais aucun, en un siècle au moins, n’avait eu l’idée d’en interdire l’accès.
Aucun jusqu’à l’arrivée du couple Granger, à l’été 2008, François et Isabelle, née ... Théotime.
Fille du conseiller-censeur.

Celle-ci, interrogée [1] sur le pourquoi de l’interdiction, n’a qu’une réponse : «  privé  ».
La ruelle est fermée « parce que c’est une propriété privée  ». Elle ne répondra pas aux questions « parce que c’est une affaire privée  » et même dira-t-elle « vous n’avez pas le droit d’en parler, c’est une affaire privée  ».
Prétendre interdire au Pic Vert de parler ! Il y en a qui ne doutent de rien...

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Le point rouge indique la cour commune

Les Granger ont décidé d’interdire la ruelle de conserve avec le couple de voisins mitoyens, appelons-les X. Ces derniers sont plus avenants, même si la dame lance de discrets coups de coude à son époux pour lui rappeler de ne point trop en dire.

Ils racontent qu’ils se sont réunis avec les copropriétaires pour décider de la fermeture de la ruelle.
Quels copropriétaires ?
Eh bien, en plus des deux couples, des propriétaires d’une maison qui habitent à Margon, et d’autres qui habitent à Reims. Bon, ce n’était pas vraiment une réunion mais cela a été fait avec leur accord.

Le problème, c’est que la copropriété ne se limite pas à ces quatre propriétaires.
Ceux-ci sont tellement nombreux (au moins toutes les parcelles mitoyennes à la ruelle) que la matrice cadastrale indique :
-  Indivision SCI Nadvilla
- Indivision M. Debont/Julien [2]
- Indivisaires.

Les Granger-Théotime et le couple X font partie de la masse anonyme des « indivisaires ».

La SCI Nadvilla n’a pas été contactée, et pour cause : les locataires de cette SCI, la famille M. est aussi interdite de cour commune :
- M. Granger nous a interdit l’usage de la ruelle, disent-ils. Il nous a dit que nous n’avions pas le droit. On a même construit une clôture pour que les enfants n’y aillent pas. Je suis obligée de faire le tour par la rue avec mes petits pour les emmener à l’école. C’était moins dangereux de passer par la ruelle. Vous dites que notre propriétaire est copropriétaire de la ruelle et que son usage fait partie de la location ? Nous ne le savions pas.

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La cour commune (en bleu). La SCI Nadvilla (locataires M.) est hachurée en rouge.

Le couple X poursuit :
- « Ce passage a dejà été fermé il y a 30 ans. »
Renseignement pris, il y a eu une tentative de le fermer, tentative dont fort peu des usagerEs se souviennent : elle n’aurait duré que quelques jours.
- « Il y a aussi des vélos qui passent. »
Là encore, ils doivent être rares les vélos qui circulent car aucunE des usagerEs n’en a croisé dans le passage.
- « Mais admettons », disent les vieilles dames, « s’il y avait des vélos, ils pouvaient mettre des barrières sans interdire le passage aux piétons. Alors pourquoi interdire le passage aux personnes âgées qui l’ont toujours emprunté ? »
Le couple X sort l’inévitable argument de la sécurité :
- « Qui sera responsable si une vieille dame glisse sur des feuilles mortes ou se fait heurter par un vélo ? »
On ne se souvient pas au village que ces accidents soient déjà arrivées. On voit mal aussi comment unE usagerE qui glisserait sur des feuilles mortes poursuivrait les co-propriétaires : rien que pour les dénombrer, cela prendrait des années !
M. X s’énerve :
- « On trouve des capotes, des serviettes hygiéniques, certains s’assoient dans nos bacs à fleurs, vous trouvez ça normal ? »
Ben non, mais on suppose que les vieilles dames ont passé l’âge d’utiliser des serviettes hygiéniques et il est probable qu’elles auraient du mal à se relever s’il leur prenait l’idée folle de s’assoir dans les bacs à fleurs.
- « Il y a aussi des petits vieux qui taquinent les légumes de mon potager à travers le grillage avec leurs cannes ! » poursuit M. X.
Ah la délinquance des vieux ! Voilà un sujet bien négligé par les médias !

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Dans la cour commune, le bac à fleurs
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Le potager de M. X. Derrière, la maison des M.

- « On avait fermé il y a 30 ans pour que nos enfants en bas âge n’aillent pas sur la rue, indique le couple X. mais la barrière gênait l’artisan qui garait ses véhicules dans la cour. Nos enfants sont grands mais nous avons des petits enfants. »

Les seuls enfants petits sur la cour commune, ce sont les enfants de la famille M.
Et pour le moment, le couple Granger et le couple X leur interdisent la cour.
« Ils n’y ont pas droit », assène M. X, contre toute évidence.

Une vieille dame nous a affirmé que Mme X -qui le nie- lui avait donné l’autorisation de continuer à circuler dans le passage, et qu’elle avait retiré cette autorisation une semaine plus tard.

Pourquoi Mme X nie-t-elle ce geste d’humanité spontané ?

Parce que l’interdiction faite aux vieilles dames est logique. Si elles étaient autorisées, quels prétexte invoquer pour interdire l’accès à la ruelle aux enfants M. ?

Il n’est pas nécessaire de vivre dans un château pour penser que les locataires sont des citoyenNEs de seconde zone qui n’ont que les droits que « l’élite » propriétaire veut bien leur concéder. Les manants, on les tolère, à condition qu’ils restent à leur place. [3]

Les vieilles dames n’ont pas osé braver l’interdiction. Elles ne veulent pas se faire houspiller :
- « J’ai passé l’âge de me faire disputer », disent certaines d’entre elles.
Et surtout, elles ne veulent « pas faire d’histoires ».
Résignées, elles se sentiraient coupables de semer la zizanie si elles protestaient.

Finalement, il suffit d’une dose de culot, une pincée de mépris et un zeste de morgue pour faire d’une ruelle à usage communal non pas une cour commune mais une propriété privée à l’usage exclusif de familles auto cooptées.

Notes

[1] le 20 octobre

[2] résidant à Margon

[3] Les X ne semblaient même pas connaître le patronyme de M. M.

11 Messages de forum

  • « Prétendre interdire au Pic Vert de parler ! Il y en a qui ne doutent de rien... »

    Ben je crois qu’il y en a plus d’un qui s’y sont frottés et même piqués. Moi je vous le dis, tenter cette aventure produit l’effet inverse chez le Pic Vert. Parlez en aux conseillers de l’Hermitière, par exemple ; ils ne sont pas très fiers de leurs propos et de leurs actions en conseil municipal une fois étalés sur la place publique. Allez, un petit effort et nous aurons les séances publiques du conseil municipal en vidéo. Peut-être qu’un jour nous aurons des vrais conseillers (au service des habitants) pour de réelles délibérations et de vrais compte-rendus.

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  • J’avais l’habitude d’emprunter ce passage également...mais bon voilà, les copropriétaires sont dans leurs droits...et tout être intelligent sait s’adapter....il paraît...mais il y a une autre ruelle qui a été fermée , celle qui mène des HLMs vers la place St Nicolas et là le couple Granger n’y est pour rien...Qui s’est plaint ? Le pic vert moqueur est-il venu enquêter ? Faire un article de 130 lignes avec 7 photos et 2 schémas ressemble + à de l’acharnement et le pic vert moqueur perd toute crédibilité quant à son objectivité. Allez encore 1 ou 2 articles sur des affaires privées ou querelles de voisinnage et on vous appelle « pic vert closer » ou « voici pic vert ». Pourtant à St Germain, sans trop chercher, vous trouverez de quoi alimenter votre site, des affaires municipales qui elles aussi suscitent la discorde (si on peut dire...), histoire de don....par exemple.

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    • « mais il y a une autre ruelle qui a été fermée , celle qui mène des HLMs vers la place St Nicolas et là le couple Granger n’y est pour rien...Qui s’est plaint ? Le pic vert moqueur est-il venu enquêter ? »
      Le Pic Vert n’a pas enquêté parce que, comme vous le constatez, personne ne s’est plaint.
      « Faire un article de 130 lignes avec 7 photos et 2 schémas ressemble + à de l’acharnement et le pic vert moqueur perd toute crédibilité quant à son objectivité. »
      130 lignes (Ah bon ! Vous avez compté !), 7 photos et 2 schémas étaient justement nécessaires pour montrer tous les aspects de l’affaire.
      Qu’auriez-vous dit si j’avais expédié l’histoire en 4 lignes ?
      « Allez encore 1 ou 2 articles sur des affaires privées ou querelles de voisinnage et on vous appelle « pic vert closer » ou « voici pic vert ». »
      Taxer d’affaire privée une affaire qui se déroule sur la voie publique, vous n’avez vraiment pas d’autre argument disons, plus convainquant ?
      « Pourtant à St Germain, sans trop chercher, vous trouverez de quoi alimenter votre site, des affaires municipales qui elles aussi suscitent la discorde (si on peut dire...), histoire de don....par exemple.
      Ce genre de sous-entendu est limite diffamatoire. Si vous avez des choses à dire, dites-les clairement. Ou envoyez un article au Pic Vert.

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      • C’est vrai qu’à Saint Germain, chacun-e fait sa petite cuisine en douce. les histoires privées sont en adéquation avec un manque cruel de démocratie. Il suffit d’y avoir vécu 10 ans pour le savoir. Sans donner aveuglément raison au pic vert, ce dernier dérange un système bien rôdé en terme d’us et coutumes d’un autre temps. Pour ne pas dire moyenâgeuses. Il est évident que les conservateurs n’aiment pas le poil à gratter. Que le Pic Vert continue donc longtemps à nous informer, si cela peut contribuer à faire évoluer les mentalités.

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      • « … personne ne s’est plaint. » Soit personne ne s’est plaint, à vérifier, soit les riverains n’ont pas de filiation avec le maire-adjoint… « Taxer d’affaire privée une affaire qui se déroule sur la voie publique, … » Pourquoi voie publique ? Il s’agit bien d’une cour privée. Pour finir, vous faites croire à tort à vos lecteurs que la famille M. ne peut pas passer dans la cour, elle en a le droit…je n’ose pas croire que le pic-vert moqueur puisse faire de la désinformation…Cela dit je continuerai à lire vos articles mais avec un autre oeil.

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        • « vous faites croire à tort à vos lecteurs que la famille M. ne peut pas passer dans la cour, elle en a le droit…je n’ose pas croire que le pic-vert moqueur puisse faire de la désinformation… »
          La famille M. en a bien le droit, sauf que les personnes qui ont fermé la ruelle lui ont affirmé le contraire.
          Avant de mettre en cause la probité du Pic Vert, avez-vous vérifié auprès de cette famille ce qu’il en est ?

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  • Cette histoire de ruelles interdites confirme ce que je pense du Perche depuis longtemps. La féodalité dans toute sa splendeur ramenée ici à Saint Germain de la Coudre. Ce n’est pas tant celles et ceux qui ont l’accès interdit de ces ruelles qu’il faut plaindre, mais plutôt les empêcheurs de tourner en rond qui ne sont pas vraiment très bien en terme de relations humaines. Verra-t-on bientôt une escadre de CRS dans ce quartier ? Décidément à Saint Germain, plus on avance et plus on recule. Gageons que Madame le Maire saura trouver la solution la mieux appropriée, la plus digne et que la sagesse l’emportera sur la bêtise.

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  • Cette histoire de ruelle ramenée seulement maintenant( compte rendu de juin, nous sommes quand même en octobre, il est tant) sert juste à remuer la merde et est la vengeance d’une personne piquée dans sa fierté,qui pense avoir toujours raison et qui la a du reconnaitre avoir fait une erreur en ayant rendu l’affaire public.

    Petite vengeance personnelle vis a vis de Mme Granger alias Mlle Théotime, fille de M Théotime cité plus haut et pas apprécié de cette personne.

    Pour info, cette cour a été fermée il y a 30 ans, beaucoup plus d’une semaine.

    Donc la personne qui se cache derriére le pic vert devrait mieux se renseigner et si s’ennuit dans sa vie, n’a qu’a cherché un travaille qui la stimulera plutot que de faire chier les gens.

    Bientot internet va devenir pire que la télé réalité. OU ALLONS NOUS.

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    • 1 - C’est la dernière fois que le Pic Vert moqueur laisse passer ce genre de commentaire plein d’allusions nauséabondes. Ne venez pas hurler à la censure si vous vous obstinez à avancer des « arguments » qui ne sont qu’un ramassis de sous-entendus diffamatoires !
      2 - Le Pic Vert ne connaît aucune des personnes impliquées dans l’affaire (sauf M. Théotime en tant qu’élu) et personne ne lui dicte ses articles, non mais !
      3 - Pour « remuer la merde », comme vous le dites de si élégante façon, il faut qu’il y ait déjà de la « merde ». Et ça, ce n’est pas le Pic Vert qui l’a « chiée », selon votre propre expression.

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  • Moi ce qui me trouble, c’est de marquer, je cite : « François et Isabelle Granger... née Théotime » alors que les autres propriétaires s’appellent X. On pourrais penser qu’il y a quelque chose contre les Granger et Théotime ...

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