Gilles de Courson a commis, dans le dernier bulletin municipal, un de ces petits textes dont il est coutumier, imprégné à la fois des raffarinades qui ont tant amusé les plus vieux d’entre nous et des incantations sarkozystes.
Comme il est probable que ses voeux, lors du raout du 9 janvier s’inspirent de cet articulet, Pic Vert Guaino a complété le « Mot du maire » (pardon, le « Mot du Maire »), cité ici intégralement en couleur, mais, à l’instar de Sarkozy qui ne reprend pas forcément à son compte les discours de Guaino, Courson peut ne pas se retrouver dans le laïus que lui propose le Pic Vert, bien que le Pic Vert ne cite ni Jean Jaurès, ni Guy Môquet.
Une année s’achève et en même temps notre second bulletin 2009 paraît. Après l’automne, l’hiver est arrivé et avec lui le froid. Mais le printemps reviendra et les bourgeons réapparaitront sur les arbres. Et après, ce sera le bon été chaud et agréable.
Cette année fut difficile, porteuse de beaucoup d’incertitudes et d’inquiétudes. Nous avons tous craint pour notre fortune, pour nos placements, pour nos bas de laine, pour nos économies. La France s’en sort plutôt mieux que d’autres pays grâce à son système bancaire très encadré et contrôlé. Avec les 25 modestes milliards que l’Etat a prêté aux banques à un taux d’intérêt défiant toute concurrence, celles-ci ont réussi l’exploit de rétribuer à leur juste mérite leurs multimillionnaires dirigeants tout en versant de non moins mérités super bonus à leurs traders. Aussi parce qu’il n’y a pas eu de crise immobilière dans notre pays. Les milliers de logements vides tandis que des dizaines de milliers de gueux sont à la rue ou croupissent dans des taudis insalubres me peinent beaucoup mais ils ne sont pas du tout un signe de crise immobilière. Ils sont un sacrifice nécessaire à la conservation de la stabilité de la valeur de la propriété foncière et de son rendement. La propriété privée, c’est sacré comme la latifundia familiale.
Il faut souhaiter que les enseignements à tirer le soient et ceci au niveau mondial. Quels enseignements, je n’en ai fichtrement aucune idée mais Notre Président, Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa -Ah ! Que ce nom fleure bon la sublimité de notre sang bleu- notre président donc se bat sans dételer sur tous les fronts pour sauver la terre et le climat. Ce pauvre Obama, ferait bien de s’en inspirer lui qui, à rebours de l’Histoire, perd son temps à créer une sécurité sociale que nous nous évertuons à saper et à ruiner jour après jour pour forcer les Français à entrer dans la Modernité. Le trou « abyssal » de la sécu est, en la matière, une des meilleures inventions du service de propagande de mon UMP : Qui parle des 20 milliards d’euros d’exonérations par an des cotisations patronales non compensées par l’Etat dans le déficit de 23,5 milliards de la sécu, hein ?
Notre petite commune a traversé cette période sans dommages. Notre dette est saine et très limitée en montant. Ne me demandez pas ce qu’est une dette malsaine. J’ai dit saine parce que ça fait honorable, le mot « dette » passe mieux accolé à l’adjectif « saine ». Comme vous n’y comprenez rien, je ne vous humilierai pas en vous donnant le montant de la dette par habitant. Je ne mentionnerai pas plus l’endettement très sain de 1467 milliards d’euros de l’État (plus de 75% du PIB [1]) grâce au bouclier présidentiel qui consolide et conforte nos privilèges et nos héritages. Nos capacités à investir demeurent intactes. Moi et Mon Conseil investissons essentiellement dans l’embellissement de l’environnement de Mon Château et vos impôts y suffisent pour le moment. Les rares manants qui croient encore que nous pouvons dilapider l’argent dans du « social » sont vite remis à leur place.
Vous trouverez dans le contenu du bulletin [2] les travaux engagés ces derniers mois. Ainsi, nous avons fait refaire pour la Nième fois le toit de l’église, non qu’elle soit très fréquentée -elle est toujours fermée- mais elle fait partie du cadre de Mon Château. Et puis, en ces temps d’anxiété, il est bon de faire de la retape pour la religion, la vraie, la catholique romaine, quiétiste et consolatrice. Avez-vous vu la page de propagande consacrée à notre nouveau curé dans le bulletin municipal ?
Modestement, je ne citerai pas les victoires remportées sur mes adversaires : l’interdiction de la pose d’un double vitrage thermique chez une gueuse, dont je laisse la gloire à Mon grand Chambellan, l’enrôlement volontaire de Mon Conseil à Ma guerre sur le chemin des Gasseaux.
Le gouvernement a lancé une réforme importante des collectivités territoriales. La disparition des conseillers régionaux et généraux au profit de conseillers territoriaux vous indiffère et vous avez tort : Elle concerne directement Mon avenir politique. Cette réforme, indépendamment de celle de la taxe professionnelle -là, je ne m’étendrai pas sur le sujet, la suppression de la taxe professionnelle ravit mes amis patrons mais sème la panique chez mes amis politiques [3]- , n’a que trop tardé. Elle doit toucher toutes les structures et notre commune ne pourra pas s’affranchir d’une réflexion sur le sujet. Nous en reparlerons en 2010. Vous avez constaté que je vous consulte souvent : En 14 ans de règne, je vous ai réunis une fois lors de l’adoption par Mon Conseil d’un plan de zonage pour l’assainissement collectif, projet que j’ai finalement jeté à la poubelle sans en référer à quiconque et une autre fois pour vous présenter des plans de modification de la place de Mon Château juste avant les travaux. A propos de la réforme des collectivités locales, voyez comme je me suis bien imprégné du style sarkoziste : comme lui, je parle de « réflexion » et je promets d’en reparler alors que les décisions sont déjà prises.
Le Conseil Municipal et moi-même serons heureux de vous accueillir à l’occasion des voeux. Puissiez vous venir très nombreux pour ce moment de rencontre communale. C’est ce que j’écrivais sur le bulletin. A vrai dire, l’idée vient de Mon Conseil. Avant, c’était le comité des fêtes qui m’invitait à me montrer. Mais vous voir de près n’est pas désagréable finalement.
Pour terminer, je vous souhaite une bonne et heureuse année, et d’éviter les balles perdues.