On se souvient des propositions totalement malhonnêtes de la SNCF pour faire payer par les contribuables du canton et de la région basse-normande les frais de réfection d’une gare qui restera la propriété intégrale de la SNCF.
La présidente, Claude-Marie Barbier, raconte la résistance des chefs de la communauté de communes (ComCom) : Nous avons eu la visite de M. Beauvais [2] puis une audio-conférence avec les deux régions [3] et la SNCF.
Nous leur avons fait comprendre que proposer un bail provisoire à une entreprise, sans compter la zone technique réservée à la SNCF et le logement qui resterait vacant, ce n’est pas une bonne idée, surtout si l’on tient compte du coût très important des travaux de réfection.
Dans la mesure où le montage financier nous laisserait 25% à charge, nous avons opté pour une réhabilitation légère des locaux, y compris du logement.
En conférence téléphonique, ils ont essayé de nous vendre de nouveau le point TER [4]. Ils ont proposé de trouver une association. En clair, comment faire payer les frais de chauffage et d’électricité à une collectivité. On leur a dit qu’on voulait une rénovation a minima. Quant à la billetterie, ils ont dit que s’ils mettent au Theil une billetterie automatique, ils l’enlèvent à une autre gare. Ils veulent contacter des commerçants du Theil pour en trouver un qui prendrait le point TER mais nous on reste sur la billetterie automatique.
Jacques Käser : Quand il n’y a plus eu de chef de gare, on a dit : « Il y a des scolaires, il va y avoir un accident », et ça n’a pas manqué !
Maintenant, la SNCF a embauché une personne pour 3h, le matin.
Jean-Luc Surcin : La SNCF voulait que ce soit la municipalité qui paie ces 3h.
Claude-Marie Barbier précise : Ce n’est pas une gare, c’est une halte ferrovière mais les frais sont à la charge de la Sncf sauf si vous y casez une association pour payer les frais.
Jean-Luc Surcin : Un point TER, c’est un pigeon qu’on doit dénicher. Pourquoi l’employée qui travaille 3h par jour ne pourrait-elle pas vendre des billets ?
C.-M. Barbier : On nous a répondu que ce n’était pas possible, qu’il lui faudrait une formation spécifique.
J.-L. Surcin ironise : Alors le charcutier qui prendrait le point TER, il lui faudrait une formation ? (Rires)
Claude-Marie-Barbier : Les extérieurs vont être réhabilités début janvier. Le premier devis sur rénovations extérieures s’élève à 10000€.. La SNCF prend en charge 25%, la collectivité locale 25%, le conseil régional 50%.
La collectivité locale, c’est La Rouge, la gare étant sur La Rouge mais il serait inéquitable de laisser ces frais à La Rouge, aussi, je vais vous demander de vous prononcer pour que la communauté de communes prenne la compétence pour ces travaux.
Les devis vont ont été envoyés par emails.
Faisons une pause sur cette narration.
D’abord, on voit un léger glissement inexpliqué : au conseil précédent, il était question de 20 à 25% du montant des travaux. Mme Barbier ne précise pas comment ont été décidés 25% plutôt que 20% [5].
Ensuite, la décision de commencer les travaux a été prise avant même que le conseil débatte des modalités de financement. Dans sa lettre, Beauvais proposait que les collectivités locales co-financent les travaux. Il n’imposait rien.
Enfin, il est demandé au conseil de se prononcer sur la prise de compétence de la communauté de communes. Contrairement à tous les usages, il n’y a aucune délibération sur le montant global des travaux, ni sur le périmètre concerné. Va-t-on financer les travaux du logement que la SNCF entend laisser inoccupé ? En votant la compétence, les déléguéEs donnent implicitement un chèque en blanc à leur présidente.
François Goulet s’insurge : On nous demande, en 5 minutes, d’accepter une charge financière sur la gare. Ça fait 10 ans qu’on parle de l’assainissement sans rien décider et là, on doit se décider tout de suite !
Les députés ont voté l’abolition du service public de la poste et on nous demande de payer la gare !
Ivan Payonne : A-t-on la garantie que les trains vont continuer à s’arrêter ?
Les autres en choeur : Non !
Danièle Mary : On ne peut pas ne pas pousser un coup de gueule contre ces modalités de financement.
C.-M. Barbier : Nous allons vigoureusement protester dans la délibération.
J. Käser : Cet après-midi, j’ai été sondé sur les Etats généraux des services publics en milieu rural ! Ça m’a fait rire !
Un conseiller demande : Et si on refuse de payer ?
C.-M. Barbier répond : Il n’y aura pas de rénovation.
On est priéEs de les croire sur parole.
J. Käser ajoute : La rénovation nous a été demandée par pétition. Les gens ne comprendraient pas.
Ils ont bon dos, les pétitionnaires. Le conseil s’est bien gardé de leur demander ce qu’ils pensaient des conditions financières de la rénovation.
Après tous ces propos révoltés, toute cette rébellion affichée, tous ces principes de services publics réaffirmés, il n’y a qu’un vote contre.
Gageons que la SNCF a été effrayée par la « vigoureuse protestation » [6].
Une observatrice demande où en est l’accès à la tarification TER Pays de la Loire sur l’axe Le Mans-Chartres qui devait entrer en vigueur le 1er septembre 2009 [7].
Réponse de C.-M. Barbier : On n’en a pas parlé.
Sans commentaire.