Dans le cadre de l’ouverture de la Maison de la petite enfance, deux postes « d’agent d’entretien » avaient été créés le 23 juillet 2009 « à raison de 10 heures chacun (on suppose que c’est par semaine) sur le grade d’adjoint technique de 2e classe au 25 novembre 2009. »
Deux personnes sur un emploi à mi-temps, il fallait le faire !
Mais la sécurité de l’emploi, même à quart de temps, c’était encore, sans doute, trop de luxe pour des femmes de ménage.
Au conseil du 26 novembre, la présidente fait marche arrière.
Elle veut faire appel à une société de nettoyage plutôt que de recruter directement des « agents d’entretien ».
La communauté de communes emploie déjà 24 agents, dit-elle, c’est beaucoup.
Mme Noirault n’est pas d’accord : non seulement elle tient au recrutement mais elle ajoute : Il faudrait prendre en priorité des gens du coin.
Le recrutement local est le cadet des soucis des décideurs. La commission des Finances a donné son accord pour avoir recours à une boîte sous-traitante, aux motifs, explique C.-M. Barbier, outre les raisons de surnombre supposé du personnel communautaire (il est vrai que 2 x 10h de ménage l’alourdit de façon insupportable) que cela facilitera l’organisation et la gestion et que le nettoyage des locaux de la Maison de la Petite Enfance sera de meilleure qualité s’il est confié à une entreprise de nettoyage !
Jacques Käser sursaute : Je suis d’accord sur la gestion, gronde-t-il, mais de là à dire qu’une entreprise sous-traitante sera de meilleure qualité, je ne souscris pas !
Comme ça, de loin, on pourrait penser que le personnel des crèches, personnel de ménage inclus, doit être un minimum formé à l’hygiène spécifique d’un lieu où vivent des enfants en bas âge, qu’on n’y envoie pas le premier venu mais il faut croire que les notions d’hygiène évoluent drôlement en ce moment.
Danièle Mary est favorable à l’entreprise de nettoyage : On ne peut pas prendre n’importe qui mais on peut fixer des exigences à une entreprise de nettoyage.
Ah oui ? Lesquelles et comment ? En confiant le « marché » à « la société la mieux-disante » qui sous-paiera les employéEs mais coûtera aussi cher, sinon plus (il faut bien que l’employeur extraie la plus-value de sa main d’oeuvre), à la ComCom ?
Les raisons d’organisation et de gestion ?
La Maison de la Petite enfance nécessite impérativement un entretien quotidien, difficile à assurer en cas d’absentéisme, dit la présidente.
Si l’une était absente, l’autre, surmenée avec ses 10h hebdomadaires, ne pourrait pas la remplacer ? Ou encore, organiser un « pool » d’agentEs d’entretien sur l’ensemble de la ComCom aurait été une tâche insurmontable ?
Avec un tel postulat, on sous-traiterait quasiment toutes les professions en contact avec un public fragile (enfants, vieux, malades, etc.) et aussi toutes les professions socialement utiles.
Les sophismes sont décidément dans l’air du temps.
Quel argument n’userait-on pas pour privatiser encore, pour privatiser toujours.
La privatisation du ménage a été acquise moins une voix et deux abstentions.