On est aujourd’hui loin du règne de De Courson en matière sociale. Celui-ci avait laissé une ComCom sinistre dans laquelle il valait mieux être un patron pour trouver une oreille attentive auprès du président. Tout était à faire et le conseil s’y est attelé, en particulier pour l’enfance et la jeunesse (Maison de la petite enfance, centres de loisirs, animations...).
Il n’empêche que les réflexes de « nantis » ont la vie dure.
Au conseil du 22 janvier 2010, Claude Barbier explique que la réglementation concernant les centres de loisirs a encore changé, que la durée hebdomadaire des centres de loisirs n’est plus de 4 jours mais de 5 jours.
Là-dessus, il propose de ramener de 4 à 3 jours la présence obligatoire des enfants sur une semaine. Et il explique que pour certaines familles, 4 jours représentent un coût trop important pour leur budget et que cela prive totalement les enfants de centre de loisirs mais qu’ils pourraient venir 3 jours.
Et puis, à la mode sarkozyste de se poser une question que personne ne pose et de se répondre, il dit :
Vous allez me dire, pourquoi 3 jours et pas 2 ou 1 ? Je réponds parce que la semaine est conçue sur la base d’un projet pédagogique avec un suivi, et qu’on outre, si nous n’imposions pas un nombre minimum de journées, les enfants ne viendraient que le jour de la sortie hebdomadaire.
Cette déclaration est reçue dans une totale indifférence.
Une observatrice lance :
Moi, ce que je me demande, ce n’est pas pourquoi 3 jours et pas 2, c’est pourquoi on prive de journées de centre de loisirs les enfants dont les parents n’ont pas les moyens de payer au lieu de leur consentir des réductions.
L’observatrice n’ayant pas droit à la parole, il ne sera pas répondu à sa question marmonne en substance Claude-Marie Barbier. Puis, toujours marmonnant, elle mentionne qu’il y a un tarif CAF et que seul celui-ci sera appliqué.
Eh bien justement, parlons-en de ce tarif CAF qui n’est pas un tarif CAF mais une nouvelle illustration de la compréhension du « social » par le conseil de la ComCom.
Avant le 1er janvier 2009, le tarif « normal » à la journée au centre de loisirs était de 9 € et le tarif « réduit » à la journée de 7 €. Le tarif réduit s’appliquait dès que le deuxième enfant d’une même famille fréquentait le centre le même jour que le premier. C’est le conseil de la ComCom qui fixe le tarif. La CAF, qui subventionne les activités de la jeunesse, exigeait que les tarifs soient dégressifs en fonction des ressources de la famille mais le conseil considérait que les prix de journée étaient, selon Claude-Marie Barbier, « les moins chers du secteur » et qu’il n’y avait pas lieu de les baisser.
La CAF refusa de signer la nouvelle convention si les tarifs n’étaient pas dégressifs en fonction des ressources. Que croyez-vous que fit le conseil ? Il décida ... d’augmenter le tarif « normal » qui passa à 10,50 €, l’ancien tarif « normal » devenant le tarif social [1].
Plus de cynisme, tu meurs.
Au niveau social, l’imagination du conseil est bornée par l’indifférence des « plus favorisés » : alors que la plupart des Communautés de communes dispose d’un centre intercommunal d’action sociale (CIAS) souvent très actif (secours d’urgence mais aussi prévention en matière de santé, d’enseignement, de vieillissement, actions culturelles, etc.) et doté d’un budget conséquent, à la ComCom du Val d’huisne, rien de tel. On n’y a même jamais pensé.
Et qu’on ne nous dise pas qu’on tient serrés les cordons de la bourse pour le bien des contribuables : après avoir signé, au conseil précédent, un chèque en blanc à la présidente de la ComCom pour des travaux sur une gare qui ne nous appartiendra jamais, le conseil du 22 janvier a voté, en moins de dix minutes de discussion et sans aucune contrepartie, un don surprise de 100.000€ (je dis bien cent mille euros) aux actionnaires du conglomérat mondial Thyssen Krupp, don qui est accompagné d’un autre don du département de 200.000€ (merci M. de Courson !).
Un chiffre d’affaire oscillant, bon an mal an, entre 41 et 54 milliards d’euros, c’est la condition, semble-t-il, pour bénéficier de la considération du conseil de la ComCom.
A suivre : Comment le conseil de la ComCom aide les pauvres actionnaires de ThyssenKrupp.