Le Pic Vert moqueur
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Les oeuvres sociales du conseil de la ComCom : Plutôt les actionnaires de ThyssenKrupp que les pauvres du canton

mardi 26 janvier 2010, par le Pic Vert

Au conseil de la communauté de communes, on a du mal à imaginer la vie des pauvres. On a aussi du mal à appréhender la notion d’ « usager ». Ainsi, les « démunis » sont-ils considérés comme des consommateurs plutôt que comme des usagerEs. S’ils n’ont pas les moyens de payer, tant pis pour eux. Les services publics sont pour les autres, les « inclus ». Quant aux fonds publics, ils vont aux conglomérats mondiaux.

On est aujourd’hui loin du règne de De Courson en matière sociale. Celui-ci avait laissé une ComCom sinistre dans laquelle il valait mieux être un patron pour trouver une oreille attentive auprès du président. Tout était à faire et le conseil s’y est attelé, en particulier pour l’enfance et la jeunesse (Maison de la petite enfance, centres de loisirs, animations...).

Il n’empêche que les réflexes de « nantis » ont la vie dure.

Au conseil du 22 janvier 2010, Claude Barbier explique que la réglementation concernant les centres de loisirs a encore changé, que la durée hebdomadaire des centres de loisirs n’est plus de 4 jours mais de 5 jours.
Là-dessus, il propose de ramener de 4 à 3 jours la présence obligatoire des enfants sur une semaine. Et il explique que pour certaines familles, 4 jours représentent un coût trop important pour leur budget et que cela prive totalement les enfants de centre de loisirs mais qu’ils pourraient venir 3 jours.
Et puis, à la mode sarkozyste de se poser une question que personne ne pose et de se répondre, il dit :
- Vous allez me dire, pourquoi 3 jours et pas 2 ou 1 ? Je réponds parce que la semaine est conçue sur la base d’un projet pédagogique avec un suivi, et qu’on outre, si nous n’imposions pas un nombre minimum de journées, les enfants ne viendraient que le jour de la sortie hebdomadaire.
Cette déclaration est reçue dans une totale indifférence.
Une observatrice lance :
- Moi, ce que je me demande, ce n’est pas pourquoi 3 jours et pas 2, c’est pourquoi on prive de journées de centre de loisirs les enfants dont les parents n’ont pas les moyens de payer au lieu de leur consentir des réductions.
L’observatrice n’ayant pas droit à la parole, il ne sera pas répondu à sa question marmonne en substance Claude-Marie Barbier. Puis, toujours marmonnant, elle mentionne qu’il y a un tarif CAF et que seul celui-ci sera appliqué.

Eh bien justement, parlons-en de ce tarif CAF qui n’est pas un tarif CAF mais une nouvelle illustration de la compréhension du « social » par le conseil de la ComCom.

Avant le 1er janvier 2009, le tarif « normal » à la journée au centre de loisirs était de 9 € et le tarif « réduit » à la journée de 7 €. Le tarif réduit s’appliquait dès que le deuxième enfant d’une même famille fréquentait le centre le même jour que le premier. C’est le conseil de la ComCom qui fixe le tarif. La CAF, qui subventionne les activités de la jeunesse, exigeait que les tarifs soient dégressifs en fonction des ressources de la famille mais le conseil considérait que les prix de journée étaient, selon Claude-Marie Barbier, « les moins chers du secteur » et qu’il n’y avait pas lieu de les baisser.

La CAF refusa de signer la nouvelle convention si les tarifs n’étaient pas dégressifs en fonction des ressources. Que croyez-vous que fit le conseil ? Il décida ... d’augmenter le tarif « normal » qui passa à 10,50 €, l’ancien tarif « normal » devenant le tarif social [1].

Plus de cynisme, tu meurs.

Au niveau social, l’imagination du conseil est bornée par l’indifférence des « plus favorisés » : alors que la plupart des Communautés de communes dispose d’un centre intercommunal d’action sociale (CIAS) souvent très actif (secours d’urgence mais aussi prévention en matière de santé, d’enseignement, de vieillissement, actions culturelles, etc.) et doté d’un budget conséquent, à la ComCom du Val d’huisne, rien de tel. On n’y a même jamais pensé.
Et qu’on ne nous dise pas qu’on tient serrés les cordons de la bourse pour le bien des contribuables : après avoir signé, au conseil précédent, un chèque en blanc à la présidente de la ComCom pour des travaux sur une gare qui ne nous appartiendra jamais, le conseil du 22 janvier a voté, en moins de dix minutes de discussion et sans aucune contrepartie, un don surprise de 100.000€ (je dis bien cent mille euros) aux actionnaires du conglomérat mondial Thyssen Krupp, don qui est accompagné d’un autre don du département de 200.000€ (merci M. de Courson !).
Un chiffre d’affaire oscillant, bon an mal an, entre 41 et 54 milliards d’euros, c’est la condition, semble-t-il, pour bénéficier de la considération du conseil de la ComCom.

A suivre : Comment le conseil de la ComCom aide les pauvres actionnaires de ThyssenKrupp.

Notes

[1] Compte rendu du Conseil du 13 novembre 2008  : Objet de la Délibération
Centre de Loisirs : tarifs applicables au 1er janvier 2009
La Présidente informe le Conseil qu’il convient de modifier la délibération du 13 décembre 2007 précisant les tarifs pour les inscriptions au centre de loisirs à compter du 1er janvier 2009. En effet la Caisse d’Allocations Familiales, dans le cadre de la convention de partenariat signée pour 3 ans, impose la mise en place de tarifs dégressifs en faveur des familles les plus défavorisées.

Tarifs au 1er janvier 2009 1er enfant à partir du 2e enfant inscrit sur les mêmes dates que le 1er
Familles imposables 10,50€ 7,50€
Familles non imposables 9,00€ 7,00€
Employés permanents, temporaires ou saisonniers de la Communauté de Communes 7,00€ 7,00 €

9 Messages de forum

  • Cet article est très bien et illustre la manière dont les décisisions sont prises au sein du conseil de la ComCom. Il y a juste un point sur lequel le Pic-Vert n’est pas objectif : la révision du tarif du centre de loisirs.

    Si il est vrai que ce tarif est un des plus bas et si il est vrai que les subventions de la CAF sont assujetties à une dégressivité de la tarification, alors je trouve cela normal d’augmenter le tarif supérieur. Mais en même temps il eut été normal de diminuer le tarif inférieur. Ce qui aurait créer 3 niveaux au lieu de 2 actuellement. Administrativement parlant, ce n’était pas très complexe à mettre en oeuvre et plus équitable. Mais bon, les élus n’ont pas l’air de se poser trop de questions.

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    • « Il y a juste un point sur lequel le Pic-Vert n’est pas objectif : la révision du tarif du centre de loisirs. »
      Qu’est-ce que l’objectivité ? Vaste débat. J’aurais tendance à penser que cela n’existe pas vu que chacunE entend et voit ce que sa culture, son « vécu », ses intérêts, lui permettent de voir et d’entendre (ce que l’adage populaire résume par : Chacun voit midi à sa porte.)
      La perception que chaque individu a d’un même événement est personnelle et singulière.
      La discussion, le débat, servent justement à étudier toutes les facettes d’une même donnée en fonction des sensibilités de chacunE et à ne pas considérer que l’unE détient la Vérité.
      Le Pic Vert a un avis, une opinion personnelle, et ne se prive surtout pas d’en faire état, mais il est « honnête » dans la mesure où il donne tous les éléments dont il a eu connaissance qui vous permettent de forger vous-même votre propre opinion et de contester son point de vue sur ce site. Ne pas être « objectif » dans le sens où vous l’entendez sans doute signifierait que le Pic Vert cacherait des faits qui vous permettraient de juger sur pièces. Ce n’est pas le cas. Si cela était, je suppose que les personnes concernées se feraient une joie de le dénoncer.
      Le Pic Vert se fonde toujours sur des faits. Vous pouvez ne pas être d’accord avec son interprétation de ces faits, voire dénoncer les rapprochements qu’il établit entre des faits que vous estimez peut-être indépendants les uns des autres, mais cela sera une opinion qui aura la même valeur, pas moins mais pas plus, que celle du Pic Vert.
      En l’occurrence, la révision du tarif des centres de loisirs s’est bien déroulée telle qu’elle est décrite dans l’article.
      Elle n’a pas scandalisé les déléguéEs à la communauté de communes qui l’ont votée alors qu’elle a choqué le Pic Vert.
      Il n’est pas question ici d’objectivité mais de sensibilité, d’histoire personnelle, de culture politique.

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  • Cher pic-vert,

    Ce n’est pas 200 000 euros que le conseil général va offrir à Thyssen Krupp mais le double, 400 000 euros.

    Quand on aime, on ne compte pas !

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  • Le don a Thyssenkrupp représente coûte environ 13.12 € par habitant de la CDC et 1.36 € environ par ornais (si don de 400000).Pour mon foyer, cela représente plus de 70 €. J’espère que mon argent « devenu public » sera bien employé. J’ose même espérer que Thyssenkrupp contribuera à aider les rescapés d’Haïti et à la reconstruction du pays avec cette somme. En tout cas si quelqu’un peut s’expliquer sur les raisons de ces dons... ?

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