Le Pic Vert moqueur
Accueil du site > • Faits et méfaits > Nogent le Rotrou : Non l’hôpital n’est pas dangereux, oui il est en (...)

rage

Nogent le Rotrou : Non l’hôpital n’est pas dangereux, oui il est en danger

vendredi 12 octobre 2007, par ATTAC Perche

Le 31 août 2007, le service de chirurgie de Nogent a été fermé, sur décision de l’ARH (Agence Régionale d’Hospitalisation) au prétexte de sécurité. Un homme qui y avait été opéré est décédé deux semaines plus tard dans un autre établissement.

L’ARH a alors parlé d’erreur médicale, et la presse l’a largement relayée, pourtant à aucun moment l’ARH n’a apporté la moindre preuve de cette erreur, la chirurgie a été fermée sur de simples soupçons.

Cette histoire n’a été qu’un prétexte pour réaliser les vœux de l’ARH : vider l’hôpital de Nogent de toute substance et de sa mission de service public.

Les Nogentais connaissent bien la méthode employée : elle a déjà servi pour fermer la maternité.
- 1re étape : Les gouvernements successifs mettent en place une politique qui organise la pénurie de personnels et de moyens. Les carences du service public ainsi organisées, il ne reste plus qu’à passer à l’étape suivante.
- 2e étape : On se sert d’un accident pour effrayer la population et légitimer une fermeture immédiate.
- 3e étape : On met des conditions impossibles à réunir pour autoriser une réouverture.

Il y a 4 ans c’était le recrutement de gynécologues, pédiatres et sages-femmes. Aujourd’hui c’est celui d’un anesthésiste, alors que jamais il n’y a eu de problème, de carence d’anesthésiste pour assurer les opérations à Nogent.

On nous parle maintenant de réouverture partielle, mais le mal est fait. La perte de confiance de la population en son hôpital, et des moyens très limités pour assurer les opérations ne peuvent conduire qu’à une fermeture définitive d’ici quelques mois.

Actuellement, faute d’autorisation de l’ARH il n’y a plus d’urgences chirurgicales prises en charge au bloc opératoire et en chirurgie. Elles sont toutes réorientées sur Chartres (saturé maintenant) sur Dreux, Alençon, Le Mans… Les transferts se font en fonction des places disponibles, dans les secteurs public ou privé (payant) et ceci sans tenir compte du choix des patients ; dans un délai de 3 à 4 heures au minimum ; alors qu’on pouvait auparavant les prendre en charge dans l’heure à Nogent.

Les conséquences sont catastrophiques :
- augmentation du délai d’intervention avec tous les problèmes que cela peut engendrer ;
- disparition du personnel spécialisé (chirurgien, anesthésiste, infirmier de bloc opératoire…)
- éloignement des patients de leur famille, dont la présence est pourtant nécessaire pour un bon rétablissement ;
- augmentation du coût des transports (sanitaires ou personnels).

Depuis quelques années bien d’autres hôpitaux ont subi le même sort ; les suppressions de services s’enchaînent : maternité, chirurgie, avant de s’attaquer aux urgences. La seule façon de sauver notre hôpital est de lutter contre ces politiques de santé qui nous mettent en danger. Non au tout rentable !

Montrons à l’administration et aux politiques notre volonté de conserver un hôpital accessible à tous.

Pour plus d’information : http://www.coordination-nationale.org _ Collectif Sauvons notre Hôpital pour l’égalité d’accès aux soins
Contact : comiteactionreouverturematernite@orange.fr ou 06 81 60 78 87 ou 49 av Paris 28400 Margon - NLR

4 Messages de forum

  • Samedi prochain, Nogent en blanc ! 18 octobre 2007 10:47

    Le soutien de la population à son hôpital doit être visible : Affichons-le à nos balcons, sur nos voitures, sur nous … DU BLANC PARTOUT !

    Rubans, chiffons, foulards, draps… à vous de choisir le moyen de montrer que vous n’acceptez pas d’être traiter en citoyen de seconde zone.

    RDV à 10 h samedi prochain, sur le marché.

    On distribue le tract et des rubans blancs (à apporter si vous pouvez), en proposant aux gens d’aller les accrocher sur les grilles de la chirurgie.

    On fera un rassemblement devant les grilles à midi, pour lancer « Du blanc dans tout Nogent », que chacun affiche du blanc où il le veut pour marque son besoin d’un hôpital de proximité.

    Aux fenêtres, aux feux, sur les voitures ou sur nous, il faut que ça se voit !

    Répondre à ce message

  • Suite réunion du 15 novembre
    Pourquoi limiter la chirurgie ambulatoire aux personnes agées les jeunes pourraient être également concernés par votre combat et cela m^me si cela n’arrive qu’aux autres. Une information par le biais d’intervention en collège ou lycée sur les conséquences de la suppression de cet hopital pourrait peut être les interesser et pourquoi pas susciter des vocations. Cordialement et merci encore pour la réunion d’hier Seul bémol l’incitation à l’accouchement à domicile Encore une voie vers l’injustice tout au moins en France face aux accompagnements existants et dans l’état actuel des non moyens mis à la disposition des plus défavorisés ex pour un accouchement dans un hopital du Mans plus de place pour caser le rendez vous de l’échographie et plus de place ailleurs non plus

    Répondre à ce message

    • Nogent le Rotrou : Non l’hôpital n’est pas dangereux, oui il est en danger 17 novembre 2007 15:10, par Ronan, du collectif sauvons notre hôpital.

      Je ne vois pas vraiment en quoi nous avons limité la chirurgie ambulatoire aux personnes âgées. Au contraire, cette chirurgie est en général peu adaptée pour eux, qui ont besoin de plus de temps pour se remettre d’une opération.

      Nous sommes partant pour faire de l’information partout où c’est possible, et pourquoi pas dans un lycée ou un collège. Notre seule limite est la contrainte de temps et les problèmes pratiques.

      Dernier point, sur l’accouchement à domicile. Je comprends que la remarque de Bernard Teper peut troubler, dans le contexte Nogentais, elle aurait nécessité quelques développements. Si au Pays-Bas 80 % des accouchements se font à domicile sans aucun problème, ce n’est absolument pas de la même manière que les parturientes du Perche qui accouchent seules, en désespérant de voir les secours arriver. Là-bas cet accouchement est organisé, et accompagné. Une sage-femme est présente, ainsi que des moyens de secours si besoin. Il s’agit donc pratiquement de maternités ambulantes, et c’est bien un argument de plus qui prouve que la proximité n’a rien de dangereuse en soi.

      Répondre à ce message

  • Il y a la une contradiction assez flagrante, ne serait-ce que dans l’intitulé de l’article. Si un hôpital est en danger, il est, par la force des choses, dangereux. Comment une entité qui a besoin d’être sauvée peut elle prétendre sauver ? La situation déplorable dans laquelle se trouvait l’hôpital de Nogent lorsque j’y séjournai (peu avant les fermetures) créait toutes les conditions délétères possibles. Conflits entre praticiens (dont le malade pouvait faire les frais), entre médecins et direction, etc. La situation financière critique ne faisait qu’aggraver les choses, incitant les divers acteurs à la mise en place d’ arrangements plus ou moins heureux, s’écartant parfois de la légalité ou tout simplement du bon sens et hypothèquant souvent la qualité des soins. Citons un exemple parmi d’autres. L’équipe chirurgicale se composait alors de trois praticiens à temps plein, dont un chirurgien ortho-traumatologiste et deux visceraux. Ces trois praticiens étaient supposés garantir un système d’astreinte opérationnelle et de sécurité. Comment UN seul chirurgien traumatologue, pour brillant et travailleur qu’il soit, peut il assurer une permanence 24 h/24, 7 j/7 toute l’année ? Ce n’est ni raisonnable, ni légal. L’unique solution s’offrant alors était de pousser les deux autres praticiens à réaliser des actes, sous couvert de l’urgence, hors de leur spécialité, et pour lesquels ils n’étaient pas qualifiés. Sans devoir piocher dans les rumeurs qui circulaient alors sur le manque de compétence du chef de service, il n’est pas forcement illégitime de se poser la question sur la « dangerosité » d’un établissement ainsi acculé.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article