Le Pic Vert moqueur
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Intoxication libérale

A la ComCom : la gratuité, ce n’est pas dévalorisant

lundi 24 mai 2010, par le Pic Vert

Une majorité de la commission Tourisme voulait faire payer les balades de découverte du canton.
Le conseil de la ComCom a rejeté massivement cette -mauvaise- idée.
Mine de rien, sous couvert d’une décision marginale, c’est de l’art de vivre ensemble dont le conseil a discuté.

Mickael Leblanc , président de la commission, expose [1] l’idée de la commission Tourisme d’une curieuse façon :
- Nous avons pensé à organiser des balades touristiques avec des intervenants culturels pour faire découvrir le canton et promouvoir le tourisme.
Au début, on était partis sur la gratuité mais X [2]
(X est le chargé de mission de la ComCom) a soulevé un point. Il était inquiet sur le rapport que pouvait avoir la gratuité sur le professionnel. Il craignait que l’activité ne soit pas valorisée si les balades étaient gratuites.
10 membres de la commission ont décidé de faire payer 2 € symboliques.

François Goulet l’interroge sur la nature des interventions culturelles lors de ces balades.
Mickael Leblanc reste vague :
- Des conteurs, des musiciens...
Visiblement, ce n’est pas la question qui l’intéresse.
Il poursuit :
- Notre budget nous suffirait pour les payer, il est de 1600 €, et la régie qui encaissera le prix de la balade nous coûtera plus d’ennuis que ce que cela nous rapportera mais c’est une question de principe.

Alertez le SAMU ! Désintoxiquez-le ! Leblanc se shoote à l’idéologie capitaliste libérale la plus dure ! Il faudrait transformer tout ce qu’on touche en argent sinon cela n’a pas de valeur !
En plus, cette manière faux-derche de se planquer derrière le salarié de la ComCom pour “vendre” une idée du catalogue du prêt-à-porter des think-tank de l’institut Montaigne est bien celle d’un accro !

2€ « symboliques » ! Arrêtez de lire le Figaro magazine ! Parlez avec les vrais gens, avec vos voisinEs qui vivent avec le RSA ou avec le SMIC, des vrais gens qui se privent de tout ce qui est culturel pour payer leurs factures d’électricité, d’eau, de chauffage, d’assurance, en plus de leur loyer, et vous verrez si, pour eux, 2€ sont « symboliques » !

François Goulet s’insurge :
- Le travail de la CdC n’est pas de gagner de l’argent. Les retombées vont aller aux professionnels du tourisme. Nous, nous ne sommes pas une société privée.

Jean-Luc Surcin demande la parole.
Leblanc précise alors que ce dernier a voté contre le paiement des balades, « ainsi que Joelle », lors de la commission.
Surcin, qui maintient bénévolement le cinéma au Theil depuis 36 ans confirme qu’il est contre l’idée de rendre payantes les balades et affirme que c’est à l’assemblée de choisir si elle est pour la gratuité.
Il faut dire que Leblanc a présenté le sujet de telle façon qu’on pouvait croire que la décision était acquise d’office par le vote de la commission. D’ailleurs, sur l’ordre du jour, l’assemblée n’a plus plus qu’à avaliser la création d’une caisse : « Tourisme : création d’une régie pour encaissement des animations « balades de l’été ». »
Ivan Payonne accourt à la rescousse de Leblanc avec cet argument imparable :
- Au début du débat en commission, il y avait 8 voix pour la gratuité et 2 contre, et à la fin, c’était l’inverse.
Danièle Mary abonde dans le sens de Goulet :
- L’intérêt n’est pas de faire du fric mais de faire venir un maximum de participants pour faire découvrir le canton.
Leblanc insiste :
- On fait bien payer la piscine, on fait bien payer le festival du cinéma.... On veut faire venir des gens de l’extérieur, de la Rochelle ...
Pourquoi la Rochelle ?

Danièle Mary, approuvée par Claude Barbier, propose de passer le chapeau à la fin de la prestation.
Idée vite évacuée car impraticable pour une collectivité territoriale, rappelle Claude Marie Barbier.

Si c’est gratuit, cela ne vaut rien

- Si c’est gratuit, cela ne vaut rien, dit Yvan Payonne.
Que ma moustache de Pic Vert (oui, les pics verts ont des moustaches, les garçons comme les filles pics verts) tombe immédiatement en poussière si je mens, M. Payonne a proféré cette énormité.
Les activités des centaines de milliers de bénévoles de tous poils qui font que cette société du fric triomphant, impudent, prépotent, qui font donc que cette société est encore -un peu- vivable, le bénévolat, les services rendus entre voisins, le travail domestique familial, l’air qu’on respire, cela ne vaut rien.

- Il faut montrer que nous n’avons pas que des haies, poursuit Payonne.
François Goulet se marre :
- Ah ! Si c’est pour donner la pièce au tailleur de haies, cela change tout !

Payonne aggrave son cas :
- Ce n’est pas 2€ qui vont empêcher quelqu’un de participer à la balade.
Jacques Käser n’est pas en reste dans la surenchère :
- Au collège les jeunes ont du fric, ils en ont pour acheter de la bière et se saouler.
Ses poivrots, pardon, ses élèves apprécieront.
Käser est professeur.

Martine Georget est choquée :
- Mais, vous voulez faire payer les gens du pays ! Vous ne parlez que du tourisme, mais les gens du coin, ils n’auraient pas droit aux balades ? Il faudrait qu’ils paient ?

Leblanc qui défend bec et ongles le principe du payant :
Ce ne serait que 2€ pour les adultes et 0€ pour les enfants. Et il s’agit de la commission Tourisme, pas la commission Culture.

Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu un si bel argument d’apparatchik. Si c’est de la commission Tourisme, cela doit être payant, mais si c’est de la commission Culture, vive la gratuité !

En guise d’explication, Leblanc affirme :
- Il y a vraiment dichotomie entre tourisme et culture.

Ah bon !

Se faisant publicitaires, François Goulet et Claude Barbier proposent l’argument « valorisant » de la gratuité :
- La Communauté de communes offre des balades dans le cadre de la découverte du canton, venez-nous voir, on vous offre quelque chose de qualité !

Mais Yvan Payonne n’est pas du genre à ne pas se battre jusqu’au bout.
Il se lance dans une longue explication filandreuse d’où il ressort qu’il ne faudrait pas donner aux gens l’habitude de la gratuité car, « en faisant payer, on crée de petites économies », car les habitants du pays pourront suivre les balades (payantes) qui se transformeront par la force des choses en formation et ainsi, « chacun pourra devenir guide et se faire sa petite activité privée » qui lui rapportera quelques centaines d’euros par an.

La présidente a demandé qui était « contre » la tarification à 2 euros.
Gérard Blasque a regardé l’assemblée, il a vu toutes ces mains levées, alors il l’a aussi levée.
13 contre, 3 pour, 4 abstentions. Voir le programme

Notes

[1] au conseil de la ComCom du 20 mai 2010

[2] le Pic Vert moqueur a masqué le prénom

3 Messages de forum

  • Merci M. Blasque. C’est comme chez l’épicier : 13 à la douzaine.

    L’accès à Mère nature restera toujours gratuite ; c’est une évidence. Par contre apporter une valeur ajoutée de la main de l’homme peut tout à faire être payante .... sous réserve d’en définir le contenu et l’intérêt pour les bénéficiaires. Or ça n’a pas été le sujet de la discussion de la ComCom.

    Etonnant cette manière de traiter un projet pour ensuite l’enterrer en passant à côté.

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    • Le projet n’a pas été enterré : A moins que quelque chose m’ait échappé, les balades découvertes auront lieu et elles seront gratuites.

      Quant à la « valeur ajoutée de la main de l’homme », n’est-il pas plus intéressant qu’elle se concrétise en lien social plutôt qu’en marchandise et en exclusion ?

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  • Je compte : 1O personnes ont voté pour les promenades payantes à la commission, selon M. Leblanc, 8 selon M. Payonne mais peu importe. Seulement 3 délégués ont voté pour ces promenades payantes au conseil. Si on part sur les chiffres de M. Payonne, il en manque 5. Où sont-elles passées ? Les 5 personnes de la commission qui ont voté pour ne seraient-elles pas membres du conseil ? Et si elles le sont, qu’est-ce qui les a fait changer d’avis ?

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