Une cité HLM du Logis familial dans un décor paradisiaque de bois et de friches végétales, ce n’est pas exceptionnel dans nos villages percherons.
Ce qui est plus rare, heureusement, c’est que certains privilégiés semblent ne pouvoir jouir de leur bonheur que si les manants n’en recueillent pas quelques bienfaits.
C’est ce que l’on a pu comprendre, au conseil municipal du 7 septembre 2007, lorsque le maire, Gilles du Buisson de Courson, affirma que son frère, Hughes, propriétaire des bois et des friches mitoyennes, exigeait que Le logis familial restaure les clôtures séparant son noble domaine du territoire de la roture (voir Le mystère des arbres baladeurs ou la vie (et la mort) sur le domaine de Courson).

- Le lotissement. Le tracé blanc indique, grosso modo, la « frontière » le séparant du domaine de M. Frère.

- Côté cimetière, le chemin d’accès direct (entretenu par les locataires) avait été créé avec l’autorisation de la famille de Courson
Restaure est un grand mot car à l’origine, il n’y avait pas de clôture, juste un fil à vaches pour délimiter. Ce sont les locataires qui, selon un réflexe bien de chez nous, ont construit presque partout des clôtures à leur goût, avec des ouvertures donnant sur une sorte de « sentier des douaniers » pour accéder à leur domicile sans passer par les boyaux officiels.

- Ce boyau dessert 4 maisons

- Pour aller au n°3, c’est tout droit...

- ... puis à gauche
Le « sentier des douaniers » avait aussi été créé -et entretenu- par les locataires qui ont défriché l’envahissante et inexorable avancée des ronces coursonesques vers leurs potagers.
Personne, au conseil municipal du 7 septembre 2007, n’a rétorqué à Monseigneur que, si son frère voulait une clôture mitoyenne, rien ne l’empêchait de la poser lui-même.
Pourtant, il y a fort à parier qu’aucunE d’entre eux n’aurait eu l’idée saugrenue de demander à leurs voisinEs de prendre à leur charge le coût d’une clôture que lesdits voisins n’auraient pas désirée.
Mais on ne raisonne pas comme la plèbe dans la Famille régnante.
Et unE honnête citoyenNE perd ses repères en siègeant dans le conseil de Monseigneur.
Le maire conseiller-général a certainement dû insister beaucoup auprès du Logis familial mais il a finalement obtenu gain de cause.
Le Logis familial (c’est-à-dire les locataires) a payé intégralement la clôture séparant sa propriété du domaine d’Hughes du Buisson de Courson.
Le Logis familial a aussi payé le bornage préalable.
Comme le Pic Vert moqueur faisait remarquer à la responsable de cette société HLM [1] que l’usage voulait que ce soit le demandeur (en l’occurrence Hughes de Courson) qui paie les frais de bornage, ou, si l’autre partie en est d’accord, qu’ils soient partagés entre les propriétaires concernéEs, celle-ci répondit :
« Vous cherchez la petite bête ! »
Cela lui va bien, au Logis familial, d’accuser le Pic Vert de « chercher la petite bête » après avoir plumé les pigeons locataires pour assouvir les lubies des nababs de l’Hermitière !

- Accès direct avant ghettoïsation...

- Arrachage des clôtures-maisons et pose de la clôture officielle.

- La frontière le long du « sentier des douaniers » pendant les travaux.
La clôture, passe encore. Mais toutes les ouvertures sur le « sentier des douaniers » ont été condamnées.

- Une des entrées condamnées.

- Le boyau officiel
Là, le mécontentement a débordé.
Des locataires sont allés se plaindre au maire. Se plaindre à Monseigneur ! Se plaindre au responsable de leurs désagréments !
Qui leur répondit qu’ils devaient cette infortune à Monique T. [2]
Gilles du Buisson de Courson fomente une chasse à la sorcière
En quoi Monique T., qui ne réside pas dans le lotissement, est-elle concernée par les frasques coursonesques ? Nul ne semble l’avoir demandé à Monseigneur. Et celui-ci, interrogé à plusieurs reprises par l’intéressée [3], ne lui a pas répondu. Mais, le pogrom est dans la logique du ghetto.
Ceci dit, il y a belle lurette que Gilles du Buisson de Courson tente de faire passer Monique T. pour une sorcière responsable de tous les maux qui frappent les habitantEs. Depuis exactement le jour où elle a emménagé dans le village.
Car la gueuse est l’auteur de deux crimes majeurs de lèse-majesté : elle occupe une maison convoitée par Monseigneur, crime impardonnable sur le domaine de Courson comme l’illustrent aussi les mésaventures du Petit Cautier. Et elle a aggravé son cas en ourdissant le nid du Pic Vert moqueur.
Il existe chez les mammifères un phénomène assez troublant. Si vous tancez, par exemple, un animal domestique (chat ou un chien) devant un autre animal de force sensiblement égale, vous verrez le second animal se transformer en supplétif pour vous aider, bénévolement, à châtier le premier.
Eh bien, le même phénomène existe chez les mammifères dits supérieurs, surtout dans un microcosme rural.
Prenez un type présentant toutes les apparences du « Puissant » (riche, culotté, immoral), qui désigne à la hargne publique une personne dont il souhaite se débarrasser et vous trouvez immanquablement quelques misérables supplétifs qui passent leurs nerfs sur le bouc-émissaire du seigneur.
En 2000, un voisin jusqu’alors affable, avait déclaré à Monique T., après un long tête-à-tête qu’il avait eu avec Gilles de Courson, que ce dernier lui avait raconté des choses fort peu flatteuses sur son compte. Assez rapidement, ce voisin s’était transformé en un méchant Indiana Jones, gesticulant devant les fenêtres de la chèvre-émissaire du maire en faisant claquer un fouet qui ne le quittait plus, la menaçant avec un fusil de chasse chargé, hurlant qu’il allait « foutre le feu à la baraque », rôdant une nuit autour de sa maison une demi-heure avant le déclenchement d’un incendie qui ravagea une partie du toit de la longère.
Il avait fallu faire appel au préfet pour le calmer, le maire s’étant porté sur la liste des abonnés absents pendant toute la durée (plusieurs semaines) de la persécution.
Dame, on aurait tenu là le crime parfait !
Mais oui, M. le juge, c’est un accident ! Je nettoyais mon fusil et pan, le coup est parti.
Ou bien :
M. le juge, elle avait le mauvais oeil, je l’ai visé...
Et le maire qui aurait déclamé sur sa tombe :
C’est un drame affreux et incompréhensible qui nous prive d’une habitante très estimée...
Depuis, le maire a fait ériger le phallus-totem sur la place. Y aurait-il vu une opportunité d’y installer un bûcher pour que la population y brûle les sorcièrEs qu’il lui désigne ?

Sur le sens de la propriété du « riverain », lire aussi M. Frère interrompt le débroussaillage bénévole d’un chemin rural.
Dialogue avec une responsable du Logis familial (extraits) le 18 juin 2010.
Pic vert moqueur :
Qui a demandé la construction de cette clôture ?
Logis familial :C’est la commune, M. Gilles de Courson.
Pic vert moqueur :Qui a payé ?
Logis familial :Le Logis familial
Pic vert moqueur :Qui a payé le bornage ?
Logis familial :Le Logis familial
Pic vert moqueur :En quoi cette clôture concerne-t-elle la commune puisqu’elle n’est pas sur le terrain communal mais mitoyenne avec les propriétés d’une personne privée, M. Hughes de Courson ?
Logis familial :C’était une demande conjointe de la commune et du riverain.
Pic vert moqueur :Pourquoi le Logis familial a-t-il payé le bornage alors que, d’habitude, il est payé par le demandeur, ou les frais sont partagés par les riverains ?
Logis familial :Vous cherchez la petite bête !
De toute façon il y a un PLU (plan local d’urbanisme) à respecter.
Pic vert moqueur :Ah non, il n’y a pas de PLU à l’Hermitière.
Logis familial :En tout état de cause, il fallait restaurer cette clôture.