Le Pic Vert moqueur
Accueil du site > • Au conseil : chroniques municipales > L’Hermitière : “nominée” pour un four présumé sale, conseil sans parole, et maire (...)

Barbarie

L’Hermitière : “nominée” pour un four présumé sale, conseil sans parole, et maire Noël

mardi 4 décembre 2007, par le Pic Vert

L’humanité de certainEs conseillerEs municipaux semble avoir sombré entre “Le maillon faible” et “Mr Propre” !
Ne voilà-t-il pas qu’ils “nominent” pour l’élimination une femme de ménage à cause d’un four sale dont rien ne prouve qu’elle soit « coupable » !

Et aussi : le maire invente la réunion du conseil sans parole. Avant d’aller jouer le maire Noël.

Nicole Goux, une conseillère dont on entend rarement le son de la voix, a une cause sacrée : la propreté. Quand elle évoque la saleté, elle a ces accents de révolte que l’on rencontre chez les tribuns des Grandes Causes de l’Humanité.
Il y a 8 jours, ou 15 jours elle ne sait trop, elle a loué la salle des fêtes. Et horrrrrrrreur ! Le four était sale !! Et le carrelage poissait !!! Et le diable avait aussi posé ses pattes répugnantes dans le réfrigérateur !!!! Une authentique catastrophe sanitaire !!!!!

Mais reprenons depuis le début.

Nous sommes au conseil municipal du 22 novembre. Le maire annonce une nouvelle qu’on désespérait d’entendre un jour : le CDD annuel de la femme de ménage arrivant à échéance, il propose de lui signer un CDI. Mais oui ! Un CDI ! Après une dizaine d’années de CDD, on n’osait plus y croire.

Mais à peine a-t-il terminé sa phrase que le courroux emporte Nicole Goux qui raconte la scène éprouvante qu’elle a vêcue en prenant possession de la salle des fêtes.
Quel est le rapport entre le contrat de travail et cette histoire de four ? La femme de ménage assure l’entretien courant, pas l’entretien exceptionnel, sauf si on le lui demande, et les usagers de la salle des fêtes sont censés la rendre aussi propre qu’ils l’ont trouvée, c’est indiqué sur leur contrat, rappelle Dominique Plessis. Gilles de Courson raconte l’état ignominieux dans lequel certains groupes laissent cette salle en la quittant (jusqu’à des flaques de vomi...) et Gérard Blasque précise que la femme de ménage travaille à temps très partiel et que ces heures de travail ne tombent pas forcément les lendemains des jours où les sagouins oublient de nettoyer les lieux avant de les quitter mais rien n’y fait : le traumatisme de la conseillère a trouvé un exutoire. Le four était sale, donc l’employée est coupable.
Jean-Luc Ferchaud propose d’inclure systématiquement le coût de l’intervention d’une société de nettoyage dans le prix de location de la salle, ce qui en porterait le tarif aux alentours de 300 €.
“On ne va pas faire une sélection par l’argent !” s’écrie Dominique Plessis mais l’autre ne semble pas comprendre et le regarde, incrédule : Sélection par l’argent pour 300 € ?
On a beau habiter le même village, on ne vit pas forcément dans le même monde...
Quelqu’un s’enquiert du nombre d’heures payé pour le ménage : 6 h. Certains hochent la tête. 6 h pour la mairie, l’église, la salle des fêtes, c’est très suffisant.

Il ne faut pas barguigner, 6 h, c’est trop : Mr Propre, ferait briller tout ça en quelques secondes, comme à la télé ! Et puis, payer 6 h au SMIC horaire, c’est du gaspillage de fonds publics si l’heureuse bénéficiaire de ce royal salaire n’assure pas une présence de 24 h sur 24 (histoire de jouer à la tornade blanche en permanence).

Finalement, Jean-Luc Ferchaud, auquel les démêlés avec certainEs de ses enseignantEs du CFA (Centre de formation des apprentis) qu’il dirige valent une certaine renommée dans le département [1] trouve la solution : remplacer la femme de ménage par une société de nettoyage...

Après avoir éliminé le cantonnier comme un objet jetable au printemps dernier, on a pris goût au jeu du “Maillon faible” ?

Il y a rien de plus invisible que le travail de nettoyage ainsi que les personnes qui l’assurent : le premier ne se voit pas lorsqu’il est fait et les secondes ne l’assurent qu’en l’absence de tous témoins. Pas étonnant donc si peu d’habitantEs -et de conseillers municipaux- de l’Hermitière connaissent la femme de ménage de la commune.
Ce qui n’empêche pas deux épurateurs décomplexéEs de juger et condamner sans procès et sans état d’âme cette femme discrète dont le travail est considéré depuis 10 ans comme efficace !

Le consensus étant loin d’être présent, la question est renvoyée à la prochaine réunion du conseil.

Le maire invente le conseil sans parole

Toujours au conseil municipal du 22 novembre, il est fait allusion à un citoyen qui a saisi le tribunal administratif contre une décision du conseil municipal qui le concerne. Le maire distribue une copie du mémoire de l’avocat de la commune. Pas de commentaire, pas de discussion.

Un autre habitant a envoyé des lettres au conseil municipal. Beaucoup.
Et fatigué d’attendre la réponse, il a apposé une affichette de protestation sur la vitre d’une de ses propriétés, intitulée “6e rappel”. Selon les rumeurs, ce citoyen poserait des questions intéressant la politique générale de la commune et non des intérêts privés.
Un adjoint a fini par répondre avec l’aval du maire.
Gilles de Courson entend faire connaître la réponse aux conseillers mais pas à la citoyenne qui assiste ce soir au conseil en observatrice. Alors après avoir déclaré : “Je ne pense pas qu’il y ait lieu de délibérer là-dessus”, il distribue des copies à chaque conseiller. Personne ne commente. Le conseil sans parole, voici une méthode à populariser auprès de tous les maires enquiquinés par des citoyenNEs qui veulent se mêler un peu trop de ce qui les regarde !

Le maire va jouer au père Noël

Tous les ans, la commune offre un colis de victuailles de fêtes aux personnes âgées de plus de 70 ans.
Cette année, le maire a décidé de les porter soi-même en personne, le 22 décembre au matin.
Les élections municipales seront alors dans onze semaines,
Pourvu qu’Alzheimer ne fasse pas trop de dégâts d’ici là !

Notes

[1] Lu dans Ouest-France du 6 juillet 2007 :
Toujours de la tension au centre des apprentis

Des professeurs du Centre de formation des apprentis (CFA) envisagent d’attaquer leur direction aux Prud’hommes. Le directeur conteste leurs accusations.

Le conflit entre plusieurs professeurs du CFA et la direction commence à tourner au vinaigre. Déjà, en mars dernier, les mêmes enseignants se plaignaient d’heures supplémentaires « non payées » et de salaires « qui ne correspondent pas à la convention collective ». A cette période, le directeur du CFA, Jean-Luc Ferchaud, contestait formellement ces accusations.

Au début de cette semaine, les professeurs sont revenus à la charge via un communiqué de presse. « Le 5 juin dernier, écrivent-ils. Les représentants du personnel ont reçu une proposition sans alternative sur l’application de la convention collective. [...] Les représentants du personnel ont fait part de leur réserve quant à une réécriture pernicieuse d’une convention collective qui prévoit déjà le contenu des postes d’enseignants, les profils de poste, les catégories et les échelons. À ce jour, aucune ouverture n’est envisageable face à une direction qui refuse le dialogue et qui veut de toute évidence appliquer ses propres règles. » Les enseignants envisagent même de porter l’affaire devant le conseil de Prud’hommes d’ici quelques jours.

De son côté, Jean-Luc Ferchaud a une tout autre version de l’« affaire ». « Je suis atterré. Il y a une volonté de « conflictualiser » et de faire monter la pression, lâche le directeur. Ils ont eux-mêmes décliné plusieurs réunions, parfois en m’informant le jour même. Je rappelle aussi qu’il n’y a pas de convention collective spécifique aux CFA. Nous appliquons donc celle des organismes de formation. Et nous sommes mieux-disant que cette convention. J’espère qu’ils reviendront à la table des négociations. Mais je suis déçu de la malhonnêteté de ces professeurs qui énoncent un tissu de choses fausses. »

Et Jean-Luc Ferchaud d’insister : « Bien sûr, les heures supplémentaires sont payées. J’ai évidemment les preuves par l’intermédiaire des bulletins de salaire. » Suite probable du feuilleton à la rentrée de septembre.

1 Message

Répondre à cet article