Le Pic Vert moqueur
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Municipales

L’Hermitière : Deux listes, zéro débat

vendredi 7 mars 2008, par le Pic Vert

« Les élections sont dans une démocratie, un moment privilégié pour débattre, échanger, confronter les idées », écrivent les unEs (Gilles de Courson et ses colistiers) ... l’avant-veille des élections.

« Administrer autrement, c’est permettre de participer, de débattre, d’échanger », écrivaient les autres (la liste d’opposition) ... une semaine avant les élections.

Pour mettre ces bons principes en pratique, les deux listes ont attendu le dernier moment pour faire connaître leurs intentions (12 jours avant les élections en ce qui concerne la liste du maire, une semaine pour ses adversaires) et aucune n’a prévu de réunion pour « débattre », « échanger », « confronter » ...

Les électeurs sont priéEs de prendre les programmes tels qu’ils sont (pour autant qu’il y ait un programme) et de voter. Quant aux débats, aux échanges, aux confrontations, on verra plus tard, si on voit, un jour.

Pourtant, il y avait matière.

Enthousiasme

Le programme de Gilles de Courson et de ses colistierEs suscite certes leur enthousiasme comme ils n’hésitent pas à l’écrire mais il ne risque pas de susciter beaucoup de critiques : Qui peut ne pas vouloir « Mener une action significative en matière de développement durable » ? Qui peut refuser d’ « Aider nos associations à accroître leur rayonnement » ? Tout juste si on peut se demander ce que signifie « Continuer à moderniser nos chemins ruraux. » Veut-on y dresser des lampadaires, y construire des trottoirs, ou simplement les entretenir de façon à ce qu’ils soient praticables ?

A part l’ADSL, le programme du maire sortant, c’est : Faites-moi confiance et je vous gouvernerai à ma manière, comme je viens de le faire depuis 13 ans.
Enthousiasmant, en effet.

Reste l’ADSL. « Maintenir la pression auprès de France Telecom pour obtenir l’ADSL sur toute la commune » lit-on dans le « programme » des sortants. Etant donné que la seule « pression » a consisté en deux lettres écrites à titre individuel par deux conseillers municipaux privés de haut-débit au directeur régional de France-télécom, il y a de quoi se faire du mouron. Nouvelle rédaction dans la lettre du 7 mars de l’équipe sortante : (...)«  La pression est maintenue sur les opérateurs. Cela reste une priorité. » Quels opérateurs ? Aucun opérateur ne peut opérer si France-télécom ne fournit pas l’équipement pour l’ADSL. Or, France-télécom semble n’avoir aucune envie de complaire à notre maire-conseiller général (voir « L’internet à l’âge de pierre »)

Assainissement non programmé

L’assainissement ne figure pas dans le « programme » du maire sortant et la liste adverse a raison de rappeler que la mise en conformité des habitations doit être terminée en 2010.
Voilà un vrai débat qui aurait dû être mené dans la commune sur le long terme sous tous ses aspects, techniques, financiers, écologiques (recyclage eau de pluie et eau de puits).
« Le zonage d’assainissement, lit-on sur la profession de foi de De Courson & Co. Il n’est pas arrêté à ce jour pour 2 raisons : toutes les simulations faites pour mettre en collectif le Bourg, le Chêne vert et la Coudre font ressortir des coûts prohibitifs tandis que les technologies liées à l’assainissement individuel évoluent très vite de façon favorable semble-t-il. » Tant mieux si la technologie progresse rapidement et il n’aurait pas été superflu que le maire en entretienne ses administréEs, mais nos mémoires conservent la trace d’une réunion publique sur l’assainissement, le 18 janvier 2002, où le prix « prohibitif » semblait le cadet des soucis du maire. Les archives conservent aussi une délibération du conseil municipal du 20 novembre 2003 où le zonage de l’assainissement collectif est voté à l’unanimité bien que l’estimation de l’augmentation du coût de l’eau soit intolérable et inversement proportionnel à la consommation. Absurde.
Le souci du portefeuille des manants semble être bien récent.
En tout cas, il ne s’est pas manifesté lors du renouvellement du contrat d’affermage de l’eau potable à la SAUR (voir La SAUR nous prend pour des cruches. Nos élus aussi) et il ne se manifeste pas plus lors de la lecture annuelle du rapport sur la fourniture d’eau : tous les ans, les villageois ont droit à une augmentation totalement injustifiée mais le maire sortant, comme les déléguéEs communaux au syndicat des eaux, n’ont jamais eu, comme la loi les y convie, la curiosité de regarder les comptes de près. Comme ils n’ont jamais eu l’idée de demander le nombre de compteurs fermés pour cause de pauvreté.
Le contrôle de la SAUR ne figure pas non plus dans le programme de l’autre liste.

Budget simple et facile

« Contrairement à ce que laissent entendre les candidats d’opposition », écrit ironiquement le maire sortant et ses colistiers [1], les chantiers importants, les grands projets, ne sont pas financés par « une palette très étendue de subventions et de participations à la disposition de la commune ». Non, « il ne suffit pas pour les obtenir de bien préparer les projets ». Comme tout paraît simple et facile : à la commune les petites dépenses, aux autres collectivités les grands chantiers couteux ! C’est bien méconnaître le fonctionnement des institutions que de croire cela. Et, c’est également bien méconnaître les finances communales. Car hormis ne pas « monter les impôts », rien n’est dit par les candidats d’opposition sur le budget de la commune. »
Quels amateurs nos concurrentEs ! laissent-ils sous-entendre.
Mais rien n’est dit non plus par les candidats du maire sur le budget de la commune !
Et le principe « à la commune les petites dépenses, aux autres collectivités les grands chantiers coûteux ! » a bien servi à Monseigneur dans le passé proche, et pas pour un chantier d’utilité publique comme l’assainissement. Il lui a abondamment servi pour expliquer que le chantier pharaonique de la place autour de l’obélisque-phallus n’avait pas coûté si cher au budget communal :
Travaux aménagement du bourg, budget récapitulatif fait au conseil municipal du 22 septembre 2005 :
Total = 210 827 €HT
Subventions :
Conseil général = 5 648 €
Réserve parlementaire = 60 000 €
DGE-Etat = 39 224 €
Contrat pôle-région = 43 829 €
Total = 148 701 €
Reste pour la commune = 62 126 € financé avec un emprunt de 67 000 €
qui se terminera en octobre 2019.

(Une pensée pour les pauvres riverainEs de la place qui subissent les assauts permanents de la poussière - les particules de sable des “trottoirs” - par temps sec, et le tintamarre des tracteurs et remorques métalliques sur les pavés, de jour comme de nuit.)

Toujours au chapitre budget, M. le maire (et ses « conseillers expérimentés ») a oublié dans son bilan l’investissement éclairé (le 25 avril 2003) de 3 857,24 euros de moellons et vieilles tuiles que ce même conseil a essayé de revendre (le 27 janvier 2005) pour 1 900 euros à l’entreprise Chartier mais que Chartier a finalement refusé [2]. Avis aux amateurs de vieux moellons ! On brade !
L’équipe précédente (présidée aussi par Gilles de Courson) avait déjà fait un investissement intéressant : Une licence IV [3] pour 19 500 f [4] qui a fait accourir la presse pendant quelques hivers, aux environs de Noël, pour admirer les conseillers municipaux en tenue de loufiats ...

Dans son « bilan » daté du 25 février, le maire et ses colistiers se félicitent de la stabilité des taux des impôts communaux. Encore heureux qu’ils soient stables ! Ces dernières années, la commune s’est débarrassée de la plupart de ses compétences au profit de la communauté de communes [5], et les impôts dits communaux doivent maintenant additionner les impôts de la commune et de la communauté de communes, ce que Gilles de Courson, président de la communauté de communes peut difficilement ignorer. Il est d’ailleurs stupéfiant qu’il n’y ait pas un mot concernant la communauté de communes dans son « programme » alors que le nouveau conseil municipal devra y envoyer des déléguéEs et que ceux-ci y joueront un rôle déterminant pour la vie quotidienne des habitantEs de l’Hermitière, qu’ils y participent activement ou qu’ils y jouent les beni oui oui...

Pauvreté éradiquée

Enfin, il est un bilan sur lequel Gilles de Courson est d’une trop grande modestie : il a éradiqué la pauvreté dans sa commune. On ne prononce jamais le mot Social.
Le CCAS (comité communal d’action sociale) a été dissout en mars 2002, faute de précaires à aider.
Pour éradiquer la pauvreté, la recette est simple : il suffit de l’ignorer.
Pauvreté ? Connait pas. Des gueux ne pouvaient-ils pas payer la - très chère, de plus en plus chère - redevance d’ordures ménagères ? Huissier. Saisies. Seule la résistance résolue des croquantEs fit entendre raison à Monseigneur.
La SAUR pratique-t-elle des tarifs prohibitifs ? Veut pas le savoir.
Une famille de la commune sollicite-t-elle une aide pour payer une dette de cantine pour ses enfants ? Refus du conseil [6].
Le lycée réclame-t-il une subvention pour le voyage d’une élève ? Refus du conseil [7].
Un établissement d’enseignement agricole demande-t-il une subvention pour la formation hippique d’une élève ? Refus du conseil [8].
Un pauvre demande-t-il l’autorisation de récupérer le bois d’un tilleul abattu [9] ? Refus du conseil. Cela risquerait d’attirer les « réclamations » d’autres « nécessiteux » selon une conseillère de l’époque tandis que Gilles de Courson proposait de le brûler lors des feux de la St-Jean. Finalement, il sera vendu à un gueux moins pauvre à 75 f le stère [10].
Le cantonnier termine-t-il son troisième contrat annuel ? Viré (voir Le cantonnier du village remercié après 3 ans de bons et loyaux services). L’emploi précaire, c’est pas comme la richesse : faut partager...

Rien ne dit que la liste opposante fera mieux. Mais elle ne fera pas pire, c’est impossible. En tous cas, elle a beaucoup d’idées alors qu’aucune ne sort de la liste de De Courson, même bien pressée.
La seconde liste promet la « transparence ». Cela ne suffit pas. Il faut la démocratie. Celle qui consiste à ne pas décider à la place de la population, celle qui consiste à réunir les personnes concernées par un projet autant de fois qu’il est nécessaire pour arriver à un consensus satisfaisant. Les enquêtes, les sondages, c’est du marketing, pas de la démocratie.

Mais rien de tel ne se fera si la plèbe n’exige pas de participer réellement à la vie locale, quels que soient les heureux éluEs des 9 et 16 mars.

Notes

[1] lettre du 7 mars 2008

[2] conseil municipal du 01.12.05

[3] permet de vendre de l’alccol

[4] 20 septembre 96

[5] voir Mâle 2008

[6] 25 novembre 2004

[7] 1er février 2002

[8] 19 décembre 97

[9] 19 octobre 98

[10] 14 décembre 98

3 Messages de forum

  • Un article impartial et une recherche rigoureuse d’informations pertinentes à diffuser : c’est donc un article déclaré d’intérêt public !!

    À quand le rédacteur(trice) déclaré(e) d’intérêt municipal ?

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    • L’Hermitière : Deux listes, zéro débat 8 mars 2008 13:33, par Le Petit Duc

      « La trajectoire d’un élu politique en France répond à deux lois simples : on se présente à une fonction pour préparer sa candidature à la fonction suivante ; lorsqu’on est élu à la fonction supérieure, on conserve la fonction antérieure de manière à éviter qu’un « intrigant » ne vienne reproduire à vos dépens le parcours que vous venez de réussir. D’où l’obsession de cumuler les mandats. » Giscard d’Estaing

      Voir les réactions sur le cumul des mandats sur le blog d’Alain Lambert Président du Conseil Général de l’Orne. Lire jusqu’en bas de la page, ça vaut le coup !

      Voir en ligne : http://www.alain-lambert-blog.org/i...

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