Le Pic Vert moqueur
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Entre mairarchie absolue et mairarchie éclairée

dimanche 23 mars 2008, par le Pic Vert

En élisant unE maire, les gagnantEs aux élections municipales assoient l’unE des leurs sur un trône : la loi lui attribue d’emblée des pouvoirs stupéfiants en démocratie.
De même, leurs déléguéEs façonnent le trône de leur supermonarque à la communauté de communes ou aux syndicats intercommunaux. C’est ainsi : notre république a réussi à éclater la royauté en une multitude de petits statuts quasimonarchiques.
Pourtant, par le biais des commissions et autres comités consultatifs, le conseil peut opter pour une monarchie éclairée, une mairarchie éclairée.

Après avoir élu leur maire, les conseils se réunissent maintenant pour constituer les commissions [1] et pour élire leurs déléguéEs à toutes les instances intercommunales.

Les commissions, quand elles ne sont pas obligatoires (telle la commission d’appel d’offres) sont la plupart du temps conçues pour aider voire suppléer le maire (commission des finances, commission des travaux et bâtiments communaux, commission voirie et réseaux) ou pour développer une nouvelle compétence (commission jeunesse par exemple à la communauté de communes) mais elles s’ouvrent rarement au petit peuple. Le Roi et son Conseil pratiquent la monarchie absolue.

Pourtant, en principe, c’est le peuple qui gouverne.

QuelLE maire, quel conseil inscrira son règne sous les auspices de cet article du code des collectivités territoriales :

« Le droit des habitants de la commune à être informés des affaires de celle-ci et à être consultés sur les décisions qui les concernent, indissociable de la libre administration des collectivités territoriales, est un principe essentiel de la démocratie locale » [2] ?

Afin de permettre aux habitantEs d’exercer ce droit, « Le conseil municipal peut [3] créer des comités consultatifs sur tout problème d’intérêt communal concernant tout ou partie du territoire de la commune. Ces comités comprennent des personnes qui peuvent ne pas appartenir au conseil, notamment des représentants des associations locales.

Sur proposition du maire, il en fixe la composition pour une durée qui ne peut excéder celle du mandat municipal en cours.

Chaque comité est présidé par un membre du conseil municipal, désigné par le maire.

Les comités peuvent être consultés par le maire sur toute question ou projet intéressant les services publics et équipements de proximité et entrant dans le domaine d’activité des associations membres du comité. Ils peuvent par ailleurs transmettre au maire toute proposition concernant tout problème d’intérêt communal pour lequel ils ont été institués » (Article L2143-2 du code général des collectivités territoriales)

Un droit très encadré. Mais un droit quand même.

Et une loi bien méconnue de nos édiles !

Chemins, assainissement, internet, enfance ... les sujets ne manquent pas.

Avis à la population du canton : Ces dispositions sont aussi applicables à la communauté de communes.

Notes

[1] Article L2121-22 : « Le conseil municipal peut former, au cours de chaque séance, des commissions chargées d’étudier les questions soumises au conseil soit par l’administration, soit à l’initiative d’un de ses membres.

Elles sont convoquées par le maire, qui en est le président de droit, dans les huit jours qui suivent leur nomination, ou à plus bref délai sur la demande de la majorité des membres qui les composent. Dans cette première réunion, les commissions désignent un vice-président qui peut les convoquer et les présider si le maire est absent ou empêché. »

[2] Article intégral : « Le droit des habitants de la commune à être informés des affaires de celle-ci et à être consultés sur les décisions qui les concernent, indissociable de la libre administration des collectivités territoriales, est un principe essentiel de la démocratie locale. Il s’exerce sans préjudice des dispositions en vigueur relatives notamment à la publicité des actes des autorités territoriales ainsi qu’à la liberté d’accès aux documents administratifs. » (Article L2141-1)

[3] entre autres

2 Messages de forum

  • Je suis d’accord sur le fait que les élus ne recourent peut-être pas assez aux compétences individuelles de leurs administrés et ne recourent pas assez à la consultation de leurs administrés mais il ne faudrait pas pour autant penser la consultation des administrés comme un mode idéal de gouvernance de la collectivité car il serait bien laborieux de consulter les administrés sur tous les sujets, évidemment. Et c’est bien le rôle normal des élus de réprésenter les administrés dans l’oeuvre de l’intérêt général.

    Aurélien CABARET

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