Le Pic Vert moqueur
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Élections

Une femme chef de la communauté de communes : histoires sans paroles

vendredi 4 avril 2008, par le Pic Vert

Voudrait-on dégoûter les citoyens de s’intéresser à la politique locale que l’on ne s’y prendrait pas autrement : tout était écrit d’avance, les déléguéEs s’ennuyaient ferme (tant pis pour eux) et les citoyens spectateurs avec eux.
A l’ordre du jour de ce premier conseil de la communauté de communes, l’élection des « chefs ».

D’abord, Monseigneur a fait un discours d’adieu. Pour lui, ses 7 ans de règne à la tête de la CdC [1] furent du bonheur absolu, de la félicité en barre, du plaisir comme on en voit rarement, un enchantement de gouverner avec des « collaborateurs » si agréables et efficaces. Pas un mot sur son bilan, ses réussites, ses échecs. Quant aux gueux chez lesquelLEs il a fait mandater l’huissier...

Ensuite, ils ont voté à bulletin secret, chacunE leur tour.

Candidat à la fonction de président ... une candidate unique.
Elle se présente : Claude Marie Barbier, adjointe au maire de St-Hilaire sur Erre, je connais bien l’administration de la CdC et son personnel, je serai disponible : je n’exerce plus d’activités professionnelles.

Candidat unique à la fonction de 1er adjoint : Jacques Käser. Pas un mot de présentation.

Candidat unique à la fonction de 2e adjoint : Claude Barbier. Pas un mot de présentation.

Candidat unique à la fonction de 3e adjoint : Mikaël Leblanc, nouveau maire de Bellou-le-Trichard. Pas un mot de plus.

Les candidatEs uniques ont touTEs été éluEs et on ne sait pas pourquoi. Les négociations, les tractations, voire les marchandages éventuels se sont déroulés en coulisse, loin des oreilles des électeurs.

L’ANPE oblige un candidat cantonnier, une postulante ouvrière d’usine, à rédiger 15 fois son CV pour se présenter (Qui est-il ? Que sait-il faire ? Que se propose-t-il de faire ?). Nos éluEs se cooptent entre eux sans estimer nécessaire de jouer un peu la transparence.

Les fonctions politiques ainsi pourvues, le bureau est complété avec les six candidatEs des six communes non représentées chez les « super chefs ».

La nouvelle présidente annonce une réunion la semaine suivante (jeudi 10 avril à 20h30) pour constituer les commissions : « Ces commissions sont ouvertes aux suppléants » indique-t-elle.

« Ces commissions peuvent aussi être ouvertes à touTEs citoyenNEs intéresséEs », précise François Goulet. « Pouquoi pas ? Je vais en vérifier la légalité, si c’est possible, je ne suis pas contre » répond Claude Marie Barbier.

Une femme à la tête de la communauté de communes, une femme qui ne ferme pas d’emblée la porte au nez des citoyenNEs lamda, voilà qui promet quelques changements.

Mais que fait-elle ? La voici qui sort un papier et qui adresse au président sortant un long éloge dithyrambique, un panégyrique stupéfiant, une glorification comme on n’en fait plus depuis Mao et ses gardes rouges. On ne jurerait pas que Gilles de Courson n’en a pas rougi d’embarras.

Eh bé, si ce n’est pas une manifestation de reconnaissance éperdue, cela y ressemble..

Les votes

PrésidentE
Claude Marie Barbier : 19
Non candidatEs
Claude Barbier : 6
François Goulet : 1
Blancs : 4

1er vice-président
Jacques Käser : 19
Non candidats
Claude Barbier : 7
Blanc : 4

2e vice-président
Claude Barbier : 24
Blancs : 3

3e vice-président
Mikaël Leblanc : 19
Non candidatEs
François Goulet : 2
Daniele Mary : 2
Martine Georget : 1
Claude Chartier : 1
Christine Crespon : 1
Blancs : 4

Autres membres du bureau : François Goulet, Daniele Mary, Gérard Blasque, Martine Georget, Jacques Truillet, Hubert Thibault.

Notes

[1] non, le Pic Vert n’ignore pas que Gilles de Courson était déjà président de la CdC avant ce dernier mandat, mais il a bien insisté sur ces 7 dernières années. Celles d’avant devaient être moins paradisiaques.

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