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zizanie

Une histoire de petit chemin (2) ou comment le maire de l’Hermitière provoque les usagers à la guerre

mercredi 16 avril 2008, par le Pic Vert

Dans l’épisode précédent (voir Une histoire de petit chemin ou comment changer un chemin creux en route pour poids lourds en y baladant des riverains depuis deux lustres), on a vu comment Monseigneur avait invité les gens du Petit Cautier, sur le chemin des Gasseaux, à réaliser un nouveau tracé de chemin qui puisse accueillir la circulation de poids lourds et d’engins agricoles contemporains (ce qui impliquait l’achat d’une parcelle), à le faire borner, pour finir par exiger qu’ils financent une route goudronnée au profit des exploitants agricoles qui n’en demandaient pas tant.
6 ans plus tard, une délibération provocatrice du conseil envoyait paître sans ménagement ce couple qui proposait une solution idéale pour toutes les parties.
Aujourd’hui, les exploitants se débattent dans le petit chemin, le Petit Cautier est toujours malmené et Gilles de Courson sème la zizanie.

S’il y a bien une chose dont le maire de l’Hermitière aimerait bien ne pas parler, c’est de ses tortueuses décisions à l’égard du chemin des Gasseaux.
Mais la situation s’aggravant toujours sur le chemin, le couple Bernard-D. réitère sa demande au conseil municipal de limitation de la vitesse et du tonnage des véhicules y circulant.
Gilles de Courson a donné sa version de l’affaire (- « Je vous ai décrit les différentes phases de ce dossier », dit-il) lors de la réunion secrète (« la réunion préparatoire », comme il l’appelle) précédant la réunion publique du conseil municipal du 11 avril et il souhaite qu’icelui se prononce uniquement sur les limitations.
Il dit : « Quand il y a un différent entre un particulier et la commune, on attend que l’instance se prononce. »
Las ! Contrairement aux épisodes précédents, l’affaire ne sera pas expédiée rondement.
D’abord parce qu’il y a une demi-douzaine d’observateurs à ce conseil et parmi eux Alain Bernard, le propriétaire du Petit Cautier, qui demande la parole.
Ensuite parce que des conseillers s’en mêlent.

Dominique Plessis (3e mandat) rappelle que le conseil avait décidé de ne pas donner suite à la création d’un nouveau chemin compte tenu de la cessation prochaine de l’exploitation agricole de M. J.. « Or, constate-t-il, le successeur, M. T., qui utilise aussi de gros engins, m’a fait part d’importants problèmes d’accès. »
Gilles de Courson l’interrompt : « Il faut demander un droit de passage sur ses terres à M. F. [1], il faut 4,15m de largeur de chemin [2] ». Plessis continue : « Nous sommes en plein dans une réflexion sur le développement durable qui était un des principes de notre programme électoral. On se retrouve dans une situation nouvelle depuis la création de ces chemins, et pas seulement celui des Gasseaux, le monde agricole a modifié ses modes d’exploitation et les demeures ont changé de résidants. Nous devons repenser les formes des chemins en fonction de leur destination, faut-il ratiboiser haies et talus ou créé-t-on un passage ailleurs, pourquoi pas comme en Beauce où il y a des chemins dédiés à l’agriculture séparés des autres ?, et recenser tous les problèmes de cette sorte sur la commune. On ne peut pas fermer les yeux en disant : Les gens se débrouilleront ! Cela revient à opposer les agriculteurs aux autres résidants. »

Olivier Rouillon (1er mandat) : « C’est un bon sujet pour la commission voierie mais quand un conflit dure comme celui-ci, on est manifestement sur un problème de communication. Faut-il aller jusqu’au bout en disant « Laissons le tribunal s’exprimer » ou faut-il faire une médiation ? »

Rouillon penche visiblement pour la médiation.

Dans la discussion qui a lieu, malgré la préréunion secrète, un membre de la famille J. confirme que, outre les problèmes d’exploitation de M. T., la famille J. posséde toujours des animaux aux Gasseaux lesquels circulent en bétaillère.

Interpellé par Alain Bernard, Gilles de Courson confirme qu’il a arrêté la procédure uniquement parce que les Bernard-D. ont « refusé de consigner l’argent », omettant de préciser que l’argent à consigner devait payer la route goudronnée dont il avait demandé un devis à la Star.

Alain Bernard auquel Monseigneur a concédé la parole à contre-coeur, lui rappelle qu’il est responsable de la sécurité et que le talus, à force d’être rogné au niveau du Petit Cautier, devient instable, avec risques de chutes d’arbres. Il lui rappelle aussi qu’il a rempli toutes les conditions imposées par le maire, jusqu’à se préparer à financer un chemin empierré deux fois plus large que le chemin actuel, allant au-delà des conditions fixées préalablement..

Crispé, énervé -il faut dire que les deux précédents conseils ne l’ont pas habitué à ce que ses décisions soient discutées-, Gilles de Courson répond : « C’est le conseil municipal, je ne suis pas tout seul. » Puis il ajoute dans la foulée, colère contenue et sans souci de se contredire : « Je ne souhaite pas faire quoi que ce soit tant qu’il n’y aura pas de décision du tribunal. »

« C’est le conseil municipal », dit-il. C’est le conseil municipal précédent ! Et la seule décision du conseil municipal précédent est la délibération caniveau : « Le conseil tient en outre à ne pas donner suite à la création d’un nouveau chemin, compte tenu de la cessation prochaine d’exploitation agricole de M. J. »
Rien n’interdit à ce nouveau conseil de revenir sur une décision du conseil précédent, surtout quand elle est fondée sur des éléments erronés.

Mais le “souhait” impérieux de Monseigneur met fin aux suggestions raisonnables de conseillers pour régler un problème qu’il a créé de toutes pièces et qu’il semble décidé à envenimer.

Des citoyens plus estimables que d’autres

Toujours provocateur, Gilles de Courson ajoute : « Je pense que, globalement, il faut qu’on trouve une solution. Pas parce qu’on passe devant votre maison, dit-il en s’adressant à Alain Bernard, mais parce qu’il faut trouver une solution pour les exploitations. »
Une façon de dire qu’il y a des citoyens plus estimables que d’autres.

Le sujet est renvoyé sine die à la commission voierie, laquelle est présidée par Gilles de Courson.

Restent les limitations.
Dominique Plessis est favorable à la limitation de vitesse mais pas à la limitation de tonnage : « Un tonnage limité empêcherait les gens de travailler. »

Véhémence de certains conseillers sur la limitation de vitesse : « Ça ne sert à rien, on ne peut pas mettre un gendarme sur le chemin pour surveiller ! » « C’est un placebo ! »

Le conseil, y compris le maire personnellement intéressé à l’affaire (il est propriétaire du Grand Cautier), vote à main levée. 1 pour la limitation de vitesse, 1 abstention, 9 contre. 11 contre la limitation de tonnage.

Puis Gilles de Courson s’adresse à Alain Bernard.
Sa demande, alambiquée, confuse, obscure, se termine par « Accepteriez-vous ou pas ? »
Finalement, on réussit à comprendre qu’il réclame que les agriculteurs des Gasseaux, qui éprouvent bien des difficultés à circuler sur le chemin existant, passent sauvagement à travers le champ que le Petit Cautier a été obligé d’acquerir pour le projet de route que Monseigneur a anéanti.
Les gens du Petit Cautier auraient dépensé 9000 euros pour permettre aux engins agricoles de ravager leur champ nouvellement acquis !
Stupeur d’Alain Bernard qui s’écrie : « Vous rigolez ! Est-ce cela votre solution durable ? Passer à travers champ alors que vous refusez de tenir vos promesses pour une solution durable ? »

Et voilà le travail ! Maintenant, Monseigneur peut rejeter la cause des problèmes de circulation sur ces odieux-Parisiens-du-Petit-Cautier qui refusent le passage sur leur terre aux courageux-travailleurs-de-la-terre...
Et attendre le premier qui va péter un câble.

« Le sujet est alors clos pour aujourd’hui, conclut le maire. La commission des chemins verra. »
« La 3e commission des chemins, Monsieur de Courson », rappelle Alain Bernard [3].
« Et il y en aura peut-être une 4e », ricane le maire.

Les provocations du maire réussiront-elles à semer la zizanie entre riverains du chemin des Gasseaux ?
Toujours est-il que Monseigneur ne cache pas qu’il mène sa propre guerre contre les résidants du Petit Cautier.
Qui osera lui demander quel bénéfice la commune et les usagers du chemin vont-ils tirer de cette guerre ?

Lire la suite : Une histoire de petit chemin (3) : la drôle de guerre

Notes

[1] un horticulteur qui vient d’acquérir une parcelle

[2] au petit Cautier, le chemin en fait 2,80

[3] L’affaire a commencé en 1999, il y a 3 mandats de Gilles de Courson

2 Messages de forum

  • Cher pic vert moqueur. Votre langue vipérienne ne fait que nuire à vos propos. Il n’est pas possible de penser que vous ayez cotoyé le monde du travail en production pour tenir de tels propos. Votre venin contre les communautaires de votre canton n’est pas suffisant pour anéantir toutes les démarches positives que leurs représentants mettent en oeuvre. Sachez madame, monsieur, pic vert moqueur qu’il est plus facile de noircir malproprement du papier ou des phrases désuètes sur internet que d’agir en faveur d’une population. Pensant ainsi vous suggérer de calmer vos ardeurs négatives, je vous dit à tout jamais

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  • Bonjour, tombéé par hasard sur cet article je suis choquée et peinée de voir la guerre qui s’ y déroule ma grand-mère était propriétaire du petit cautier il y a maintenant plus de 20 ans et j’ y ai passé toute mon enfance, c’était une ferme calme et paisible un peu isolée avec peu de voisinage mais des gens solidaires. Comment ce chemin tranquille où je cueillais les mûres est-il devenu une autoroute à engins lourds ? Merci, Monsieur Bernard, de défendre cette propriété avec autant de courage, je suis de tout coeur avec vous. Angélique

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