Pour une mise en jambes, ce fut une belle mise en jambes. Claude Marie Barbier avait pris l’initiative, toute seule, au nom de la CdC, d’annuler une étude sur l’assainissement de St Hilaire-St Agnan payée par la CdC [1].
Ire de François Goulet, maire de St Agnan.
Voici l’histoire tel qu’un observateur lambda a pu la comprendre : la CdC avait financé des études d’assainissement collectif pour toutes les communes puis voté à l’unanimité un complément d’études pour L’Hermitière [2] et St-Agnan qui ont des problèmes pour mettre en place un réseau collectif.
La solution envisagée était de mutualiser les moyens entre St Agnan et St Hilaire, cette dernière étant dotée d’un assainissement collectif, pour faire un réseau commun qui aboutirait aux deux lagunes sur le territoire de St Hilaire.
Là-dessus, St Hilaire est classée en zone inondable et la réalisation d’une 3e lagune est dorénavant exclue.
C’est le motif (le prétexte, dirait F. Goulet) sur lequel a sauté le conseil municipal de St Hilaire pour renoncer au projet de mutualisation.
Une troisième lagune n’est pas indispensable, dit F. Goulet. La station de St Hilaire reçoit 35% de sa capacité. Il en reste donc 65% et la démographie ne va pas gonfler subitement. (Et s’adressant à Claude Marie Barbier :) Dès la 1re étude, sans aucun critère technique, vous étiez contre.
Aujourd’hui, rien ne s’oppose au raccordement de St Agnan, sauf le problème des eaux pluviales qui se déversent dans le circuit ménager. Ça fait 8 ans que ça dure. Les excréments vont dans la rivière de St-Agnan !
On apprend donc que lors de fortes pluies, ce qui arrive parfois dans ce coin du Perche, les eaux sales mêlées remontent et débordent. Le réseau de St Hilaire n’est pas aux normes.
Claude Marie Barbier :
A l’époque, on a dit aux gens du lotissement, branchez-vous sur les eaux pluviales. Maintenant, on ne va pas leur dire de changer ! Ça va coûter cher à St-Hilaire.
François Goulet :
Je prétends l’inverse. Chiffrez-le !
Claude Barbier (Ceton) :
On peut réfléchir à la répartition des charges entre les deux communes pour la mise aux normes de St Hilaire.
Jacques Käser (Le Theil) :
La solution est de créer un syndicat St Hilaire-St Agnan.
Mikaël Leblanc :
La question est : la CdC prend-elle la compétence de l’assainissement ?
L’assistance :
Non ! Non ! Non !
François Goulet :
Il faut voter la compétence de la CdC ce soir ! (Rires) Sérieusement, on ne peut pas laisser une commune du canton à la traîne.
Claude Marie Barbier, renouant avec les pratiques coursonesques, demande “qui s’oppose au refus de l’étude”.
François Goulet réclame un vote un bulletin secret. Le conseil vote sur le vote à bulletins secrets. C’est oui ! Résultat : 12 pour l’étude complémentaire, 14 contre, 2 abstentions.
Commentaire de François Goulet :
Ça fait 10 ans qu’on n’a pas voté à bulletins secrets. Avec de Courson, c’était toujours du 100%. Il y a des progrès.
Benoit B. sera finalement remplacé.
Au conseil de décembre, sous l’ancien régime, Monseigneur avait décrété que Benoît B., chargé de mission (culture, communication) démissionnaire, ne serait pas remplacé, l’air de dire que personne ne s’en apercevrait tellement sa contribution à la CdC était négligeable.
Seule Marie-Jo Flahaut était montée au créneau pour lui rendre justice, dans un silence de plomb.
Monseigneur avait donc décidé de répartir les tâches de Benoît B. entre le personnel en poste, avec l’assentiment tacite du conseil.
Eh bien, rien ne va plus.
Claude Marie Barbier :
Avec le départ de Benoît B., il y a une pléthore d’heures supplémentaires et comme on ne les paie pas, on leur demande de récupérer, ce n’est pas une solution. Il va falloir recruter sur ce poste. Benoît B. nous manque beaucoup.
Mikaël Leblanc :
Benoît B. apportait des perspectives, il avait de bons réflexes, ce sont ces compétences-là qui nous manquent. Il était à 85% sur la culture et il nous manque vraiment sur la culture.
François Goulet :
Il y a quelques mois, on avait tous décidé qu’on pouvait se passer de Benoît B. et répartir le boulot sur les autres. Je demande que l’on définisse le profil de ce poste et la politique touristique sur le canton.
Jean-Claude Lhérault :
Benoît B. avait lancé une très bonne idée de randonnées en camping-car mais ça n’a jamais abouti, faute sans doute de budget.
Claude Marie Barbier :
Le tourisme est une prérogative du Parc [3].
Danièle Mary :
On a l’impression qu’au Parc, il y a une directive qui exclut tout ce qui sort de la “voie verte”.
Finalement, sur proposition de Claude Marie Barbier, le conseil vote pour la création d’un poste mais sans budget et sans embauche.
A se demander si une huile de ce conseil n’aurait pas unE amiE dans le besoin à caser d’ici à quelques semaines...
Chômeur=incompétent
L’employé du SPANC a aussi démissionné pour une compagnie pétrolère au Gabon.
Il apparaît qu’il n’y a pas besoin de compétences techniques spéciales pour assurer ce poste. François Goulet propose d’embaucher “quelqu’un du canton, plus ou moins au chômage, pour lui mettre le pied à l’étrier”.
Pierre Chevreau [4] lance :
Si c’est quelqu’un de compétent, il ne serait pas au chômage.
Rires général. Ce n’était pas une plaisanterie au second degré. Personne n’a relevé l’insulte. Sauf peut-être cette voix qui a rétorqué :
Tas de fainéants !
Et là on n’a plus ri. Peut être s’est-on rendu compte du caractère imbécile de la stigmatisation du chômeur.
L’état de chômeur est un état honteux dans le canton. Combien de chômeurs élus (même à la CdC) cachent leur situation à leur collègue ? Combien l’ont caché à leurs concitoyens lors des élections ? Presque tous. Et quand on les insulte, ils se taisent.
“On veut des photocopies”
Selon les bonnes vieilles habitudes, le conseil fut invité à approuver sans aucun écrit le montage financier (demandes de subventions) fait par la CdC pour la maison de la petite enfance.
Alors, Danièle Mary se fâcha :
Vous nous énumérez un tas de chiffres, on n’y comprend rien, on n’a pas le temps de noter, on n’a pas les moyens de payer quelques photocopies ? On veut des photocopies !
La présidente les promit ... pour la prochaine fois.
Un passe-droit pour une entreprise
Une certaine entreprise Gasteau, de Ceton, demande une exonération de sa taxe d’enlèvement d’ordures ménagères au motif qu’elle ne serait pas une entreprise.
Danièle Mary note qu’il y a peut être lieu de surseoir, le SICTOM [5] ayant acté une étude pour toutes les demandes d’exonération.
Jacques Käser :
Il me semblait qu’on avait décidé que l’exonération ne serait plus automatique après qu’on se soit aperçu qu’une entreprise faisait enlever ses ordures mais allait mettre le verre à la déchèterie. [6].
Claude Barbier :
L’entreprise Gasteau, c’est une boite à lettres, elle a juste une porte qui s’ouvre deux fois par an.
Sur l’annuaire, cette “boîte à lettre” qui est aussi une entreprise de chauffage-plomberie-sanitaires a aussi un numéro de téléphone à Ceton. Et si elle paie des impôts locaux sur lesquels est calculée la taxe d’ordures ménagères, elle est un peu plus spacieuse qu’une boîte à lettres.
Toujours est-il que le conseil a voté pour l’exonération de l’entreprise, “puisqu’elle n’a pas de container”. C’est illégal, seule la redevance permet de ne pas payer si le service n’est pas rendu. La taxe est calculée proportionnellement à la taxe foncière.
Avis aux particuliers, nombreux, qui n’ont pas de containers personnels ! Citez la jurisprudence Gasteau pour obtenir l’exonération de la taxe !
Des cailloux de la CdC dans le chemin de la Moutonnière.
C’est encore François Goulet qui attaque :
La CdC a mis des cailloux dans le chemin de la Moutonnière. La CdC n’a pas compétence pour entretenir les chemins non goudronnés.
Pierre Chevreau :
Faut demander à l’ancien président !
Là, l’observateur est prié de comprendre à demi-mot.
Gémages, qui est propriétaire d’une partie du chemin, aurait demandé lors d’une commission (interdite au public) que son bout de chemin soit empierré, ce qui avait été refusé, mais Gilles de Courson aurait quand même accédé à ce souhait aux frais de la CdC et à l’insu de celle-ci.
Goulet :
Je demande que la CdC refuse d’honorer la facture.
Pierre Chevreau :
Ça a été fait cet hiver et déjà payé.
Goulet :
Alors il faut envoyer la facture à M. Thibault [7].
Pendant ce temps, Claude Marie Barbier cherche la facture dans une liasse.
Un conseiller :
On ne va rien trouver. L’empierrement a été noyé dans une facture pour autre chose par l’ancien président.
Goulet :
Thibault ne veut pas payer sous prétexte qu’il n’y a pas d’habitation de Gémages dessus mais il y a de gros problèmes occasionnés par des débardages.
Si la facture ne lui est pas envoyée, je demande que les chemins de St Agnan soient empierrés sur le compte de la CdC !
On ne s’ennuie plus aux réunions du conseil de la CdC…
Lire la suite : Quand la communauté de communes prend les restaurateurs de la Tête Noire pour des pigeons