A la suite :
le “Rapport 204 : Déploiement du haut-débit sur l’Orne” voté à l’unanimité par le conseil général le 20 juin 2008.
le Communiqué de Presse d’Alain Lambert, le 22 juillet 2008
“Le conseil général prendra en charge financièrement l’antenne pour le wimax” écrit de sa main Gilles de Courson, conseiller général du Theil, dans une lettre distribuée à l‘Hermitière. Il ne fait que recopier, sans en vérifier la véracité, le communiqué d’Alain Lambert, président du conseil général, et répercuté tel quel dans la presse.
C’est bien aimable, mais l’antenne n’est pas à vendre. Elle est louée et le coût de la location est inclus dans l’abonnement. Comment le conseil général peut-il “prendre en charge financièrement” l’achat d’une antenne louée ?
Pour le savoir, vous appelez le numéro indiqué pour bénéficier de cette offre exceptionnelle : 02 33 81 60 03 .
La personne qui vous répond ne comprend pas votre question. Wimax, connaît pas. Elle ne connaît que les 3 fournisseurs satellitaires.
Tout cela sent la précipitation brouillonne.
Le 20 juin 2008, le conseil général vote un rapport qui promet le haut-débit pour tous ... en 2013. Et s’engage à procéder à des essais de nouvelles technologies, à commencer dans les locaux du conseil général (voir le Rapport 204). Deux semaines plus tard, l’écho de l’irritation d’OrnaisEs excédéEs étant sans doute parvenu à ses oreilles, Alain Lambert se ressaisit et lance, à grands renforts de publicité, l’opération : “L’Internet haut débit dans l’Orne pour tous” d’ici la fin décembre 2008.
Seulement, la publicité est truffée d’erreurs grossières.
Propagande et effets d’annonces
Tout a commencé en 2003. L’Etat ayant renoncé à son rôle d’aménageur du territoire, laisse les collectivités locales dont les territoires ne sont pas suffisamment rentables pour les opérateurs haut débit, financer des équipements qui devraient faire l’objet d’une péréquation nationale.
Le conseil général confie l’équipement en haut débit à une société privée, Altitude Télécom, laquelle développe une nouvelle technologie, le Wimax, moyennant une subvention publique de 7,9 millions € HT ... ou plus (Essayez donc d’obtenir les chiffres exacts : “Une opération de 7,9 millions euros dont 5 millions par le Conseil général
de l’Orne, 2 millions par le Conseil régional de Basse Normandie et
1 million d’euros par l’union européenne sur les fonds Feder” écrit le conseil général le 16.02.2005 [1], ce qui fait 8 millions d’euros si l’on sait compter. Une subvention de 9 400 000 € TTC selon Altitude télécom [2]).
Le conseil général entame aussitôt une intense propagande sur le thème : Nous sommes des pionniers de l’aventure technologique, nous sommes le premier département rural équipé en haut-débit :
Gérard Burel, alors président du conseil général, répondait en 2004 à la question :
Quel sera votre projet phare ?
Les technologies de l’information et de la communication. Nous avons lancé, un programme ambitieux pour le haut débit de 5,6 millions d’euros. Ainsi, la couverture intégrale du département en Wimax, prévue en janvier 2005 met l’Internet haut débit à portée de toutes les entreprises et des particuliers des zones rurales. Les zones urbaines bénéficient de surcroît du haut débit via l’ADSL (80 % des Ornais en disposeront d’ici à fin 2005) [3].
Sur site du Conseil général, on lit :
L’Orne sur les voies de la communication est une réalité qui s’exprime par la couverture en haut débit quasi complète du territoire ornais : premier département rural en France à être entièrement équipé et couvert en haut débit.
Cette couverture du département en Wimax en janvier 2005 met l’Internet haut débit à portée de toutes les entreprises et des particuliers des zones rurales.
Et encore :
Département pionnier sur le front du haut débit, l’Orne a su jouer la carte de la diversité technologique, en développant à la fois les solutions hertziennes (Wimax) et filaires (ADSL). L’objectif : jouer tant sur la concurrence que sur la complémentarité, pour offrir aux Ornais l’accès au haut débit à des prix compétitifs.
La technologie Wimax, développée par Altitude Telecom, transmet les données par voie hertzienne, avec des débits réguliers et symétriques de 10 mégabits dans un rayon de 20 km autour d’une station de base. Depuis janvier 2005, les 28 stations déployées sur l’ensemble du territoire permettent de desservir 92% de la population ornaise : un investissement de 7,9 millions d’euros, financé à hauteur de 5 millions par le Conseil général de l’Orne.
Mazette ! 10 méga ! Alors que le commun des mortels abonné à Altitude Télécom plafonne à un méga !
Tandis que le conseil général s’autocongratule en effets d’annonces bruyantes, les habitantEs de l’Orne privéEs d’ADSL supplient France télécom, laquelle répond invariablement qu’elle n’a pas de mission de service public sur le haut-débit, contrairement au téléphone, qu’elle est maintenant une entreprise privée qui se doit de respecter la concurrence et qu’elle n’est pas missionnée par les élus.
Le conseil général avait mis tous ses oeufs dans le panier d’Altitude télécom.
Les lamentations des OrnaisES ont fini par atteindre le club très fermé des messieurs [4] qui règnent sur le département et qui décide, lors de la session du 20 juin, d’
Accélérer la commercialisation de la technologie WIMAX, confiée à la société Altitude-Telecom, en suspendant toute contribution financière à cet opérateur , gestionnaire de l’infrastructure WIMAX sur l’Orne, tant qu’il n’aura pas développé l’utilisation de ce réseau à la hauteur des investissements publics consentis.
Ah ! Mais ! Ça fait du bien de taper du poing sur la table même si on ne pense pas un instant mettre cette menace à exécution. Mais pourquoi cette menace puisque, grâce au Wimax, “l’Internet haut débit (est) à portée de toutes les entreprises et des particuliers des zones rurales” ornaises depuis 2005 ?
Moins de 1000 abonnéEs au Wimax
Ce que le conseil général se garde bien de communiquer dans ses documents officiels, c’est le nombre exact d’abonnéEs au Wimax.
En novembre 2007, soit 4 ans après le début de l’opération Wimax, M. Guillemain, directeur général adjoint d’Altitude Telecom annonçait 500 clients Ornais (sur près de 300 000 habitantEs) dans l’hebdomadaire l’Orne Hebdo [5].
Si vous interrogez aujourd’hui le responsable du haut-débit du conseil général il répond, du bout des lèvres, qu’on serait plutôt vers le milllier de clients Wimax, ce qui n’est pas vraiment un franc-succès.
Malgré, comment nommer cela ? Cette catastrophe économique ? Ce scandale financier ?, le club des messieurs poursuit, imperturbable, sur le registre de l’autocongratulation satisfaite.
Lors de la session du conseil général du 20 juin dernier, il vote le rapport présenté par Guy Monhée [6] :
Desservir la population ornaise en haut-débit est un enjeu auquel le Conseil général s’est attaché depuis 2003 pour atteindre aujourd’hui un taux de couverture proche de 98%.
Néanmoins, environ 3000 foyers ou petites entreprises restent à ce jour encore sans solution haut-débit .
Alain Lambert, président du club, s’en félicitait lors de cette même session : “Il ne reste que 3000 foyers non couverts.” Il ajoutait, en substance : “Certes, ça n’apaise pas pour autant les 2 % non éligibles, et nous allons tout faire pour résorber ces zones blanches, mais bon, seulement 3000 !”
Merveilleux ! Alain Lambert a dû embaucher unE publicitaire pour nous pondre des “informations” de ce type.
Alors pourquoi une telle bronca, dans le département, s’il ne reste que 3000 malheureux foyers à raccorder ?
Publicité mensongère
Parce que le président du conseil général entretient la confusion, parce que les chiffres indiqués, pour peu qu’ils soient fiables, ne concernent pas le nombre d’abonnéEs mais la couverture théorique en haut débit.
Le conseil général qui, en choisissant le Wimax, n’avait pas pensé que les forêts et les collines sont des obstacles naturels à la propagation d’ondes radio, met sur le dos du relief l’échec du Wimax et lance, en catastrophe, l’offre satellitaire.
Le Conseil général prendra donc en charge, à titre exceptionnel, l’achat, par les particuliers et les travailleurs indépendants, du pack de connexion haut débit (antenne pour le WIMAX ; parabole pour le satellite). Les nouveaux abonnés n’auront donc à leur charge que l’abonnement mensuel (à partir de 29,90€ pour un débit de 1024 kbits/s) et, si cela s’avère nécessaire, les frais d’installation (environ 150€). (Communiqué d’Alain Lambert, 22 juillet 2008).
L’antenne pour le Wimax ? Ben oui, reconnaît au téléphone Michel Normand après un moment d’hésitation, l’offre du conseil général est nulle et non avenue mais le conseil général paiera la caution (100 euros) ... laquelle est normalement remboursée lors de la restitution de l’antenne louée !
Le Conseil général prendra en charge le “pack de connexion haut débit” ? Comme dans toute publicité, il faut lire ce qui est écrit en tout petit, dans une note : “Jusqu’à 400€ remboursés sous réserve de non éligibilité du foyer à la technologie WIMAX ou ADSL”.
Le pack de Tooway est à 599€.
Un “abonnement mensuel (à partir de 29,90€ pour un débit de 1024 kbits/s)” ?
La première offre de Tooway [7] est à 39,90€/mois.
1024 kbits/s (un méga) chez Vivéole, c’est 39,90€, comme chez Nordnet.
Alain Lambert fait dans la publicité mensongère !
Résumons :
Le conseil général permet aux OrnaisES non éligibles à l’ADSL de s’abonner pour 39€/mois minimum (39€ pour Wimax, 39,90€ pour les satellites), sans compter les frais d’installation (200 à 233€ pour le Wimax), téléphone non compris et il prétend que c’est “pour tous” !
Du haut de l’Olympe cossu du 27 Bd de Strasbourg, à Alençon [8], cela ne se voit pas mais ses “solutions” à 39€ minimum, ce n’est pas pour les bourses de touTEs les OrnaisES. Lors du maigre échange qui eut lieu au conseil général avant le vote du rapport, aucun conseiller n’évoqua les revenus modestes qui rendent prohibitif le coût de l’abonnement. Pour nos conseillers, une offre à 39 euros minimum est une offre “acceptable”.
Selon une enquête [9] menée par l’ADCiD [10] sur l’Hermitière où une grande partie de la population reste en bas-débit malgré un relais Wimax existant depuis 18 mois, l’obstacle principal au Wimax n’est pas tant l’inéligibilité du fait du relief (bien réelle mais qui touche peu d’habitations) que le coût. Ces abonnéEs bas-débit attendent l’ADSL [11].
Visiblement, il faudra faire un peu mieux qu’attendre si nous voulons que le conseil général et France télécom tiennent compte de la “fracture numérique” non en termes techniques mais en termes sociaux.
Sur le même sujet : “L’Hermitière : l’internet à l’âge de pierre”

- Conseil général le 20 juin
- De rares remarques, peu de questions, pas de débats. Ici, chambre d’enregistrement.
Gilles de Courson (1er rang côté allée) rédige son courrier.
Heureusement, le restaurant privé du Conseil général est digne d’un palace.
Jean-Claude Lenoir, député, est d’ailleurs venu rejoindre ses ex-collègues à l’heure du déjeuner.
Rapport 204 : Déploiement du haut-débit sur l’Orne.
Objectif : PERMETTRE SANS DELAI A CHAQUE ORNAIS D’AVOIR ACCES A AU MOINS UNE TECHNOLOGIE HAUT DEBIT
Desservir la population ornaise en haut-débit est un enjeu auquel le Conseil général s’est attaché depuis 2003 pour atteindre aujourd’hui un taux de couverture proche de 98%.
Néanmoins, environ 3000 foyers ou petites entreprises restent à ce jour encore sans solution haut-débit .
La dispersion de la population, le relief du département, la présence des forêts sont les contraintes qui, jusqu’à présent, ont empêché d’assurer une couverture totale, malgré le programme Wimax (2004-2011) que le Conseil général a engagé avec l’Etat et la Région à hauteur de 7,9 millions d’euros.
D’ores-et-déjà, le Département et la Région Basse-Normandie conjuguent leurs efforts pour engager un nouveau programme, qui permettra de desservir l’ensemble de la population en haut-débit à deux méga bits par seconde, au plus tard en 2013.
Dans ce cadre, il est envisagé cet automne le lancement d’un marché pour sélectionner la meilleure offre technologique. L’opérateur retenu à l’échelle régionale déploiera progressivement les matériels nécessaires à l’amélioration de la couverture en haut-débit à partir de 2009.
Dans ce cadre, il est envisagé cet automne le lancement d’un marché pour sélectionner la meilleure offre technologique. L’opérateur retenu à l’échelle régionale déploiera progressivement les matériels nécessaires à l’amélioration de la couverture en haut-débit à partir de 2009.
L’offre technologique dans ce domaine a en effet fortement évolué depuis le choix de la solution WIMAX par le Conseil général par appel d’offres en 2003.
La technologie filaire (ADSL) qui était encore peu développée à l’époque s’est largement étendue, à un rythme d’ailleurs accéléré grâce à la concurrence du WIMAX. Une nouvelle avancée est annoncée avec la technologie dite « NRAZO » (noeud de raccordement d’abonnés en zone d’ombre).
L’offre satellitaire, inexistante jusqu’ici, fait l’objet d’offres commerciales en ce début d’année 2008.
Aussi dès aujourd’hui, le Conseil général veut rechercher des solutions concrètes de manière à éluder les difficultés que rencontrent encore trop d’Ornaises et Ornais dans l’accès aux réseaux numériques à un coût acceptable.
Dans ce but, le Conseil général s’engage à :
Rechercher de nouvelles solutions de raccordement, en mettant à profit les nouvelles technologies émergentes. Pour cela, il engagera dès juillet une opération test de raccordement d’abonnés sur une zone d’ombre (NRAZO) et ce, en vue de se prononcer sur son déploiement à partir de 2009.
Mettre à l’essai dans les locaux d’accueil du Conseil général, au 27 Bd de Strasbourg à Alençon, deux abonnements de 1 et 2 méga octets, destinés à valider l’intérêt de la technologie satellitaire, en vue d’accompagner son déploiement dès la fin de l’année, dans les zones d’habitat diffus non couvertes par l’ADSL ou le WIMAX.
Accélérer la commercialisation de la technologie WIMAX, confiée à la société Altitude- Telecom, en suspendant toute contribution financière à cet opérateur , gestionnaire de l’infrastructure WIMAX sur l’Orne, tant qu’il n’aura pas développé l’utilisation de ce réseau à la hauteur des investissements publics consentis.
Les crédits nécessaires à la mise en reuvre des déploiements seront inscrits en consequence.
Communiqué de Presse d’Alain Lambert, le 22 juillet 2008
Le Conseil général de l’Orne lance l’opération « Orne internet haut débit pour tous ».
Jusqu’au 31 décembre prochain, le Conseil général de l’Orne propose à tous les Ornais de prendre en charge financièrement leur pack de connexion à l’internet haut-débit par satellite.
Depuis 2004, notre département a engagé un programme d’équipement visant à réduire la fracture numérique sur le territoire de l’Orne.
Cet objectif a été atteint pour 98 % de la population ornaise.
Aujourd’hui, environ 3000 foyers restent cependant hors de portée des technologies filaires ou radios via l’ADSL ou le WIMAX.
Afin de bénéficier d’une couverture en haut débit sur 100 % de son territoire et de continuer de figurer ainsi parmi les premiers départements de France en matière d’aménagement numérique, le jour même de mon élection à la Présidence j’ai décidé de compléter notre offre en accompagnant de façon volontariste tous les Ornais non éligibles à l’ADSL, qui souhaitent obtenir le haut débit par le WIMAX ou par la voie satellitaire.
Le Conseil général prendra donc en charge, à titre exceptionnel, l’achat, par les particuliers et les travailleurs indépendants, du pack de connexion haut débit (antenne pour le WIMAX ; parabole pour le satellite). Les nouveaux abonnés n’auront donc à leur charge que l’abonnement mensuel (à partir de 29,90€ pour un débit de 1024 kbits/s) et, si cela s’avère nécessaire, les frais d’installation (environ 150€).
Le haut-débit partout, dans l’Orne, c’est désormais possible !
Alain Lambert
Ancien Ministre
Sénateur de l’Orne
Président du Conseil général