La ligne entre le Theil et l’Hermitière a été rénovée en début d’été et rien que le fait de changer les câbles a permis à la grande majorité des habitantEs de voir arriver l’ADSL (1 MO).
Mais, par une aberration inexplicable, alors qu’elles sont toutes raccordées au même commutateur local [1] certaines habitations du bourg sont alimentées par plus de 6000m de câble (dont 1990m de câble calibre 4), ce qui les prive d’ADSL, alors que toutes les habitations voisines y compris mitoyennes, sont distantes du central de 5600 ou 5700m (dont seulement 80m de câble calibre 4) [2].Si bien que les taux d’atténuation des premierEs tournent autour de 72 dB, contrairement aux derniers dont les taux d’atténuation sont inférieurs à 60 dB [3]
PersuadéEs que l’explication sur ce mystère allait résoudre leurs problèmes de coupures téléphoniques perpétuelles malgré de multiples interventions de “réparateurs” mandatés par France Télécom, des HérémitérienNEs ulcéréEs de n’avoir toujours pas accès au haut débit comme touTEs leurs voisinEs proches se sont renduEs, arméEs des constats sur les longueurs de câble, sur les taux d’atténuation, ainsi que des extraits de cadastre, à l’agence de Nogent-le-Rotrou [4]
L’employée de l’accueil vérifie les affirmations des protestataires sur son ordinateur, se montre très étonnée du résultat, disparaît chez le chef, revient, et émet l’hypothèse que leurs assertions, dont elle vient pourtant de vérifier la véracité, sont peut être fausses.
Le ton monte.
Le directeur arrive et dégaine le plan “comment traiter les mécontents”.
D’abord, isolement des manifestantEs dans son bureau, histoire d’éviter une possible contagion chez les autres clientEs en attente.
Ensuite, ignorer les papiers étalés par les demandeurs (chiffres comparés des km de câble, cadastre...) pour ne pas être tenté de les commenter.
Puis tentative de culpabilisation : ce n’est pas bien de crier, c’est très mal-élevé, même ses petits enfants se tiennent mieux que nous et si ça continue, il appelle la police.
Ensuite, accuser les mauvais choix du conseil général de l’Orne en général et d’un maire-conseiller général en particulier qui a décidé de ne pas travailler avec France Télécom pour le haut débit (voir Orne : Cher, très cher haut débit) , ce qui n’est pas faux mais qui ne justifie pas la maltraitance téléphonique des abonnéEs.
Enfin, raconter à quel point toutes ces techniques nous dépassent.
D’ailleurs, lui-même, dit-il, ne sait rien : il ne sait pas si les travaux de rénovation sont terminés, il ne sait pas où se situent les centraux sur lesquels sont raccordés les lignes bien qu’il estime probable que les différences de distance sont dûs au raccordement à des centraux différents.
Sur la suggestion de raccorder les quelques abonnéEs privés d’ADSL sur le central qui permet de l’obtenir, il répond que c’est interdit par les réglements européens, que cela fausserait les sacro-saintes lois sur la concurrence : des fournisseurs d’accès risqueraient de lui faire un procès. Il est vrai qu’en privant totalement l’accès à l’ADSL de certains abonnéEs (ou en ne leur permettant que l’accès au READSL d’Orange), France Télécom ne risque pas d’exacerber la concurrence entre FAI [5].
Encore mieux : selon lui, le plan de cablâge de la zone n’existe pas. France Télécom ignore donc à quel central les abonnéEs sont reliéEs. Comment font les réparateurs ? Ils suivent la ligne individuelle de l’abonnéE ! répond-il.
La seule information que les infortunéEs abonnéEs obtiennent, c’est que les lignes téléphoniques sont toutes doublées et que la réparation consiste la plupart du temps à basculer d’une ligne à l’autre. Ce qui explique qu’une ligne, après “réparation”, peut être pire qu’avant.
Ils obtiennent aussi un conseil dont toutE abonnéE connaît l’efficacité : appeller le 1013 ou écrire à France Télécom [6].
Quant aux abonnéEs auxquelLEs France Télécom a fait croire qu’ils étaient éligibles au READSL et qui ne le sont pas, ou qui ont commandé une livebox qui n’est jamais arrivée, bonjour la galère : leur ligne Orange-Wanadoo bas-débit a été coupée malgré l’impossibilité évidente de se connecter en haut-débit et les voici privéEs non seulement d’ADSL mais aussi d’internet [7]
Pour finir, tout le monde s’est lamenté sur la privatisation de France Télécom. Mais franchement, un tel traitement des réclamations des usagers est peu à même de susciter un vaste élan pour la défense du service public des télécommunications...