Perche Avenir Environnement (PAE) ne cautionne pas la nouvelle charte du Parc
Sur la protection de l’eau, le Parc ne se mouille pas !
Perche avenir environnement qui s’est investi dans l’élaboration de la nouvelle charte du parc naturel régional du Perche, émet des avis très circonstanciés et défavorables sans compter quelques réserves quant au volontarisme de sa gouvernance.
Perche avenir environnement en veut pour preuve, que dans l’avant projet, il était dit que le Parc n’avait pas vocation à accueillir les élevages industriels. Très bizarrement le projet actuel ne l’a pas repris, alors que le Parc reconnaît une dégradation nette de la qualité des eaux qu’il impute en partie au changement climatique. Il a bon dos le changement climatique…
Mais qu’a donc fait le Parc pour limiter les extensions des élevages intensifs, sources de pollutions ? Pour le projet d’extension de la méga porcherie industrielle de Boisauvée au Pin la Garenne, qui est allé en justice ? PAE et sans le soutien du parc ! Au final l’autorisation préfectorale pour son extension a été annulée par le tribunal administratif de Caen.
Même silence pour la pollution de la rivière la Coudre, où le Parc ne s’est même pas prononcé en faveur du principe pollueur payeur.
Si le Parc est à même de proscrire les OGM, qu’en est-il des moyens qui pourront être mis en place pour réduire notablement les pesticides et autres fongicides toxiques pour les agriculteurs, pour la santé des habitants du Perche, et la biodiversité.
La charte n’étant pas opposable, le lobbying serait il quand même plus puissant ? Nous ne cherchons pas à opposer des modes d’agricultures, mais il y a urgence à agir, puisque les pesticides retrouvés dans les organismes humains agitent aujourd’hui la communauté scientifique.
Que pouvons nous attendre pour la qualité de l’eau dégradée en grande partie par les pesticides, d’une charte qui se contente d’engagements de principe. Nous estimons que le Parc ne prend pas ses responsabilités, du fait que ses engagements s’appuient sur les actions de partenaires extérieurs.
Par rapport aux engagements pour le paysage et l‘urbanisme, ceux pris pour la préservation de la ressource en eau font piètre figure. D’autant plus que les associations de protection de l’environnement n’auront plus droit au chapitre dans la commission environnement. Seuls les élus pourront donner leur avis alors que l’article 7 de la charte de l’environnement (nationale) précise que toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement.
Par arrêt du 3 octobre 2008, le Conseil d’État a consacré l’opposabilité de la charte de l’environnement à l’égard des citoyens. Par cet arrêt, le Conseil consacre donc le principe de participation du public. Le parc du Perche aurait il plus de pouvoir que la charte de l’environnement accréditée par le Conseil d’Etat ?
Et pour l’avenir ?
Comme il est écrit dans le rapport d’enquête publique, en 8 ans, le parc a consacré 1 223 580 euros pour l’environnement, 1 005 695 pour l’urbanisme le patrimoine bâti et le paysage, 4 863 096 euros pour la maison du parc et 926 706 euros pour l’agriculture et le tourisme. Quels ont été les investissements pour la préservation de l’eau et pour une agriculture respectueuse de l’environnement ? La nouvelle charte ne dit pas quels sont les moyens financiers engagés pour ces deux thématiques essentielles.
Enfin, le projet agricole du Parc n’est en rien de l’agriculture durable, bien qu’il se gargarise avec ce qualificatif tout au long de la charte.
De plus il y a de quoi s’interroger lorsque l’on apprend que le Parc a délivré 656 avis au cours de la précédente charte, dont 523 sur les réseaux électriques...
Un tissu de bonnes intentions !
PAE a travaillé sur l’avant projet et le projet de la Charte. Entre les deux textes, PAE relève beaucoup d’atténuations. Dans l’avant projet, certaines intentions ont été soutenues par le débat public, dans le projet elles ont été complètement supprimées.
Exemple : il était dit que Le Perche n’avait pas vocation à accueillir les élevages industriels. Le projet a été édulcoré, et sur ces nouvelles bases, nous n’aurions pas pu gagner le procès dans l’affaire Boiseauvée. C’est la porte ouverte à tout.
On nous dit qu’on va vers une agriculture durable, alors que c’est le maintien de l’intensif. La preuve : 6 000 euros, c’est le montant accordé au développement de l’agriculture biologique sur un budget de 3 millions d’euros en 2008. Ce montant ne représente que 0,2 % du budget alors que 50 000 euros seront investis dans l’aménagement des bureaux du Parc. Le seul point sur lequel le Parc est directif, est la circulation des quads dans le Parc.
Les objectifs sont purement économiques et non environnementaux et nous ne pouvons pas l’admettre.
Lien utile : Le site de Perche Avenir Environnement
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