Le Pic Vert moqueur
Accueil du site > • Faits et méfaits > • La Poste : résistance aux démolisseurs > Ceton : Invitée au conseil municipal, la Poste fait faux bond

vide

Ceton : Invitée au conseil municipal, la Poste fait faux bond

dimanche 15 février 2009, par le Pic Vert

Ils sont plutôt affables, au conseil de Ceton. L’administration veut supprimer leur bureau de poste contre la volonté unanime de la population. Le directeur de la Poste harcèle le maire au téléphone. Le sous-préfet le convoque à Mortagne. Et ils persistent à vouloir discuter. Problème : Pour discuter, il faut être au moins deux.

Le rendez-vous avait été fixé il y a un bon mois, selon le maire, et l’assistance était nombreuse, au conseil de Ceton du 13 février : un représentant de la Poste devait venir dialoguer avec les éluEs sur son projet de suppression de ce service public au profit d’une très précaire “agence postale communale” (voir La Poste nationale se fera-t-elle la malle ?).

Mais au tout dernier moment, le représentant de la Poste fait faux bond.

« Parlons de “quiproquo”, résume le maire, Claude Barbier, diplomatiquement. Mais nous relancerons l’invitation. »

Résumé des épisodes précédents : L’offensive contre le service postal public de Ceton commence lors du mandat précédent. Les éluEs d’alors bottent en touche : « Vous verrez cela avec nos successeurs. »

Les successeurs, en partie les mêmes que les précédents, se révèlent aussi coriaces que les précédents : Ils sont portés par la population qui pétitionne [1] pour conserver sa poste (ce qui vaudra au maire de se faire traiter « d’agitateur » par le représentant de l’Etat !).

Le directeur départemental de la Poste qui voulait sans doute terminer sa carrière sur un dernier scalp, harcèle le maire au téléphone (voir La Poste de Ceton : le maire appelle à l’aide les communes du canton).
Résultat : toutes les communes du canton ainsi que la communauté de communes apportent leur soutien au maintien du service public de la Poste à Ceton.

Le 22 octobre 2008, le maire est convoqué à la sous-préfecture. Il y retrouve le sous-préfet, le directeur départemental de la Poste Gildas Fresneau à deux doigts de la retraite accompagné d’un autre représentant de la Poste, et le député Jean-Claude Lenoir.

« Les gens de la Poste justifient une baisse d’activité avec des éléments de mesure qui leur sont propres et qui nous sont inconnus, explique le maire. J’ai demandé qu’ils nous soient communiqués. J’ai aussi demandé quels sont les moyens qu’ils prévoient de mettre en oeuvre pour répondre aux besoins de la population. Le député a approuvé nos demandes. »

Il ressort de cette réunion un accord pour une convention Ceton-La Poste dont le but est de mesurer l’activité réelle de la Poste entre octobre 2008 et octobre 2009.

Las, « il y a un mois, on a reçu une convention qui prenait effet au 1er juillet 2008 [2]. On tronquait quatre mois. J’ai rappelé la sous-préfecture et la Poste, en vain. On a refusé de signer. »

D’où l’idée d’inviter un représentant du La Poste au conseil du 13 février « en signe de bonne volonté ».

« Nous voulions discuter des éléments de mesure de La Poste, continue Claude Barbier. Comment avoir une discussion contradictoire sans ces données ? Nous voulions aussi connaître les moyens qu’ils entendent mettre en oeuvre pour répondre aux besoins de la population et s’il y a modification des besoins, qu’ils répondent sur leurs intentions. »”

S’adressant directement à la population venue au conseil, le maire déclare :

« Il faut rappeler que vous avez financé un nouveau bâtiment. J’ai relu la délibération [3] : Il est écrit que cet investissement avait pour but de maintenir le bureau de Poste à Ceton. Le bâtiment n’est pas encore fini de payer !
Je suis aussi déçu que vous (par l’absence de représentant de la Poste).
Il faudrait qu’ils expliquent comment sont calculés les points, ils ne l’ont toujours pas fait et ce n’est pourtant pas faute de l’avoir réclamé ! On ne laisse pas comme ça une population de plus de 2000 habitants.
Dans les années 2001-2002, on a demandé un distributeur de billet, ils n’ont pas voulu !
 »

Pierre Chevreau précise : « Ils voulaient bien, à condition qu’on le paie 15000€ » (rires).

Claude Barbier reprend : « Vous avez entendu parler de l’évolution des banques à l’intérieur du bourg [4]. Le commerçant, où va-t-il mettre son argent ? C’est un peu fort de café. Il me semble indispensable d’avoir une politique du territoire. »

En ce moment, l’État n’aménage pas le territoire, il déménage...

Notes

[1] 750 signatures à ce jour

[2] soit de juillet 2008 à juillet 2009

[3] Claude Barbier n’était pas maire à l’époque

[4] Le Crédit mutuel, ouverture une matinée par semaine ; Le Crédit agricole, ouverture les matins des mardis, mercredis, jeudis et samedis, toute la journée du vendredi

Répondre à cet article